Home MondeLe Soudan, « épicentre de la souffrance dans le monde », déclare le chef humanitaire de l’ONU | Nouvelles du monde

Le Soudan, « épicentre de la souffrance dans le monde », déclare le chef humanitaire de l’ONU | Nouvelles du monde

by Clara Dubois

Le Soudan est devenu « l’épicentre de la souffrance dans le monde », selon l’ONU, alors que les combats incessants et les déplacements massifs de population plongent le pays dans une crise humanitaire sans précédent. Plus de 12 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer et au moins 40 000 ont perdu la vie depuis le début de la guerre civile en avril 2023.

La situation est qualifiée de « sinistre » par Tom Fletcher, secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires humanitaires. « C’est tout à fait sinistre en ce moment : c’est l’épicentre de la souffrance dans le monde », a-t-il déclaré. Le conflit oppose l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide (FSR), des paramilitaires avec lesquels elle était autrefois alliée, et s’est propagé à l’ensemble du territoire après avoir débuté à Khartoum.

La prise d’Al Fashir, capitale de l’État du Nord-Darfour, par les FSR le mois dernier, après un siège de plus de 18 mois, a marqué une escalade dramatique de la violence. L’ONU et les organisations humanitaires font état de centaines de morts et de dizaines de milliers de personnes déplacées. Des témoignages accablants font état d’exécutions massives, de viols et de violences sexuelles utilisées comme armes de guerre.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 450 personnes auraient été tuées dans une maternité d’Al Fashir. Des travailleurs humanitaires et des personnes déplacées rapportent que les combattants des FSR ont mené des assassinats de civils de porte à porte, accompagnés d’agressions sexuelles et de viols.

Les conditions de fuite d’Al Fashir sont désespérées, les populations étant confrontées à un manque criant de nourriture, d’eau et de soins médicaux. « J’ai parlé à des personnes qui m’ont raconté des histoires terribles », a témoigné M. Fletcher. « Une femme portait l’enfant malnutri de son voisin décédé – et elle-même a été attaquée en chemin, alors qu’elle fuyait vers Tawila. »

L’ampleur des atrocités est telle que des images satellite révèlent des traces de sang sur le sol, selon le laboratoire de recherche humanitaire de Yale. M. Fletcher insiste sur la nécessité d’enquêter sur ces crimes et de protéger les civils contre de nouvelles atrocités. « Al Fashir est actuellement une scène de crime », a-t-il affirmé.

Les enfants sont particulièrement vulnérables, représentant un cinquième des personnes tuées à Al Fashir. M. Fletcher a raconté avoir rencontré un enfant de six ans qui a reculé et a tressailli lorsqu’il a aperçu un logo de Manchester City sur son maillot, alors qu’il jouait au ballon. « Qu’a-t-il vu et vécu pour être à ce point terrifié par les autres ? », s’est-il interrogé.

M. Fletcher a appelé la communauté internationale à augmenter son aide financière et à intensifier ses efforts diplomatiques pour mettre fin aux combats. Il a souligné l’engagement croissant du groupe de pays comprenant l’Égypte, les États-Unis, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, tout en insistant sur la nécessité d’une action continue et créative.

Le général Abdel-Fattah Burhan, chef de l’armée soudanaise, a déclaré vendredi que ses forces ne cesseront pas les opérations tant que les FSR ne seront pas éliminées. « Cette guerre ne prendra pas fin avec une trêve, mais lorsque les rebelles seront détruits », a-t-il déclaré. Malgré plusieurs tentatives de cessez-le-feu, aucune n’a abouti jusqu’à présent.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.