Publié le 15 janvier 2026 à 20h23. L’écart de rendement entre les obligations d’État italiennes (BTp) et les Bunds allemands continue de se réduire, atteignant un nouveau plus bas, signe d’une confiance accrue des marchés envers la dette italienne.
- L’écart de rendement entre les BTp et les Bunds est tombé à 59 points de base, divisé par deux en un an.
- La décision du gouvernement allemand d’abandonner le frein constitutionnel à l’endettement pour financer des investissements importants contribue à cette dynamique.
- L’Italie se distingue par une meilleure performance que d’autres pays de la zone euro, notamment la France et l’Espagne, grâce à sa discipline budgétaire.
La convergence des rendements obligataires italiens et allemands s’est accélérée ces derniers mois. L’obligation italienne à dix ans a clôturé à 3,40 %, légèrement inférieure à celle de mercredi (3,41 %), tandis que le Bund de même échéance a progressé de 2,78 % à 2,82 %. Ces mouvements, bien que modestes, confirment une tendance à la réduction de l’écart, qui a franchi le seuil des 60 points de base.
Selon la plateforme Bloomberg, l’écart de rendement s’établit à 63 points, mais la tendance générale reste inchangée. L’obligation italienne à dix ans affiche un rendement inférieur de 29 points de base par rapport à la même date l’année précédente, tandis que le Bund a augmenté de 29 points sur les douze derniers mois. Cette dynamique reflète un retournement de situation pour les titres italiens, qui avaient suivi une trajectoire inverse à la hausse généralisée des taux d’intérêt dans la zone euro tout au long de 2025.
Le rôle de l’Allemagne et la comparaison européenne
La décision du gouvernement allemand, dirigé par M. Merz, de lever le frein constitutionnel à l’endettement afin de financer un programme massif de réarmement et d’investissements dans les infrastructures a eu un impact significatif sur les spreads obligataires de l’ensemble de la zone euro. Cependant, c’est l’Italie qui se distingue comme le principal bénéficiaire de cette tendance. En un an, l’écart de rendement des BTp a diminué de 58 points, contre seulement 15 points pour la France, confrontée à des difficultés croissantes pour maîtriser son budget public et qui n’a pas encore adopté son budget pour l’année en cours.
L’Espagne, bien qu’elle soit également sans loi de finances depuis trois ans, bénéficie d’une croissance économique robuste. Son écart de rendement n’a diminué que de 28 points. La Grèce, autre pays méditerranéen affichant une croissance solide du PIB (+2,1 % estimé pour 2025 selon les estimations de la Commission européenne), a réduit son écart avec le Bund de 30 points en un an. Les BTp pourraient ainsi rattraper les obligations grecques à dix ans (il ne manque que 5 points de base), tout en continuant à surperformer les obligations françaises (l’écart est de 9 points).
Les BTp sont les seules obligations de la zone euro à ne pas avoir augmenté leur rendement, même sur l’horizon à 30 ans. Sur la partie la plus courte de la courbe (échéance à un an), leur comportement est conforme à celui de leurs homologues européens, avec une diminution de 40 points en 12 mois.
Discipline fiscale
En résumé, les chiffres témoignent des effets de la discipline budgétaire, qui a suscité quelques inquiétudes au sein de la majorité il y a quelques semaines lors des débats parlementaires sur la manœuvre financière, mais qui a également permis d’obtenir les sept améliorations de notation ou de perspectives prévues pour l’année 2025.
