Les réserves de gaz naturel aux États-Unis affichent une hausse significative, soulageant temporairement les tensions sur le marché, mais des niveaux de stockage modérés et des prévisions météorologiques changeantes pourraient entraîner une volatilité accrue à l’approche de l’hiver.
Selon les données de la semaine 42 (du 13 au 20 octobre), les stocks de gaz ont augmenté de 92 milliards de pieds cubes (BCF), atteignant un total de 3 813 BCF. Ce niveau est supérieur de 53 BCF à celui de la même période l’année dernière et dépasse largement la médiane sur cinq ans de 74 BCF. Cette augmentation est due à une production soutenue et à des conditions météorologiques clémentes.
Le contrat NGX25 montre des signes de retournement et se négocie désormais dans la partie supérieure de son intervalle interquartile (IQR), traduisant une volatilité grandissante. Les contrats à plus long terme, notamment ceux pour l’hiver 2026, restent quant à eux élevés, portés par des perspectives de croissance de la demande.
Les prévisions météorologiques jouent un rôle crucial. L’indice combiné de degrés de chauffage et de refroidissement (HDD+CDD) se situe actuellement dans la moyenne historique de 1994 à 2024, mais devrait augmenter de 15 à 20 points dans les deux prochaines semaines. Cette hausse pourrait stimuler la demande et soutenir les prix à court terme, à l’exception des régions du centre-ouest et de la côte Pacifique où les températures devraient rester douces.
À ce stade, l’écart entre l’offre et la demande pour 2025 reste inférieur aux moyennes observées entre 2014 et 2024, suggérant une offre excédentaire ou une demande plus faible. Cependant, les réserves actuelles, équivalant à environ 35 jours d’approvisionnement, sont inférieures à la limite inférieure de l’IQR. Cette situation rend le marché vulnérable aux perturbations de la production ou aux pics de consommation, en particulier à la fin de l’hiver et au début du printemps.
La structure de la courbe à terme pour 2025 montre une convergence progressive, se rapprochant des configurations observées en 2023 et 2024 pour des échéances similaires. Cette tendance est particulièrement marquée pour les contrats à plus de trois ans, où les prix tendent à se stabiliser à des niveaux proches des valeurs historiques.
En résumé, bien que les fondamentaux du marché et les conditions météorologiques soient globalement conformes aux attentes, la consommation des secteurs résidentiel et commercial, liée au début de la saison de chauffage, pourrait introduire une dynamique nouvelle. Les réserves de stockage modérées nécessitent une surveillance attentive.
Cette analyse a été réalisée en collaboration avec Anastasia Volkova, analyste à la London School of Economics (LSE). Les graphiques ont été créés par notre équipe à partir de données Bloomberg et de l’Energy Information Administration (EIA).
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