Publié le 15 janvier 2026 23:26:00. Une nouvelle étude révèle que le Tyrannosaurus rex, le roi des dinosaures, grandissait plus lentement et vivait plus longtemps qu’on ne le pensait, remettant en question les connaissances établies sur ce prédateur emblématique.
- Le T. rex atteignait sa taille maximale d’environ 8 tonnes (8 000 kg) entre 35 et 40 ans.
- Les scientifiques ont découvert de nouveaux anneaux de croissance dans les os fossilisés grâce à l’utilisation de la lumière polarisée.
- Ces découvertes pourraient remettre en question la classification du T. rex et suggérer l’existence d’espèces apparentées.
Les paléontologues ont longtemps estimé l’âge et la vitesse de croissance des Tyrannosaures rex en analysant les anneaux de croissance présents dans leurs os fossilisés, notamment ceux des pattes. Les recherches antérieures suggéraient que ces dinosaures atteignaient leur taille adulte vers l’âge de 25 ans et ne vivaient que jusqu’à environ 30 ans. Cependant, une étude publiée mercredi dans la revue PeerJ apporte de nouvelles données qui bouleversent ces estimations.
Une équipe de scientifiques a utilisé une technique innovante basée sur la lumière polarisée pour révéler des anneaux de croissance auparavant invisibles dans 17 spécimens individuels de T. rex. Cette analyse a permis de déterminer que le T. rex n’atteignait sa taille maximale, estimée à environ 8 tonnes, qu’entre 35 et 40 ans. Contrairement aux anneaux de croissance des arbres, ceux des dinosaures ne conservent les traces que des 10 à 20 dernières années de la vie de l’animal.
En combinant les données de spécimens de différents âges, des juvéniles aux adultes, les chercheurs ont pu reconstituer l’histoire de croissance du T. rex avec une précision sans précédent. Cette approche statistique novatrice, basée sur le plus vaste ensemble de données jamais rassemblées sur cette espèce, a révélé que le T. rex grandissait beaucoup plus lentement qu’on ne le pensait.
« Au lieu de croître rapidement, le T. rex passait la majeure partie de sa vie à une taille moyenne, sans atteindre rapidement une longueur totale de 12 mètres. »
Holly Woodward, professeure d’anatomie à l’université d’État d’Oklahoma
L’étude souligne également la variabilité de la croissance au sein des individus. Certaines années étaient marquées par une croissance importante, tandis que d’autres étaient caractérisées par un ralentissement significatif. Cette variabilité suggère que la croissance du T. rex était flexible et influencée par la disponibilité des ressources et les conditions environnementales.
Ces résultats contribuent à une meilleure compréhension du rôle du T. rex dans les écosystèmes anciens. Selon Holly Woodward, cette croissance lente et prolongée pourrait expliquer le succès de ce prédateur en tant que carnivore dominant :
« En grandissant lentement sur une période plus longue, le T. rex occupait de nombreuses niches alimentaires tout au long de sa vie, devenant finalement suffisamment grand pour ne rivaliser que avec d’autres T. rex pour les ressources. »
Holly Woodward, professeure d’anatomie à l’université d’État d’Oklahoma
De plus, les différences observées dans les courbes de croissance de certains spécimens relancent le débat sur la classification du T. rex. Certains paléontologues suggèrent que ce que l’on considère comme une seule espèce pourrait en réalité être un complexe comprenant plusieurs espèces ou sous-espèces. Une étude publiée en octobre dernier a notamment mis en évidence des preuves suggérant qu’un spécimen initialement identifié comme un jeune T. rex pourrait appartenir à une espèce distincte, le Nanotyrannus.
Bien que les taux de croissance étudiés ne permettent pas de prouver définitivement l’existence d’espèces distinctes, les chercheurs estiment que cette possibilité mérite d’être explorée. Steve Brusatte, professeur de paléontologie et d’évolution à l’Université d’Édimbourg, qui n’a pas participé à l’étude, confirme que ces résultats sont cohérents avec les travaux récents sur le Nanotyrannus :
« C’est un travail stimulant qui suggère également qu’il y avait plus de variations parmi les T. rex que nous ne le pensions, et que certains fossiles qui ont longtemps été appelés T. rex pourraient en réalité appartenir à des espèces différentes. »
Steve Brusatte, professeur de paléontologie et d’évolution à l’Université d’Édimbourg
La découverte de ce nouveau type d’anneau de croissance pourrait également avoir des implications plus larges pour l’étude de la croissance des dinosaures en général. Nathan Myhrvold, mathématicien et paléobiologiste de Intellectual Ventures, co-auteur de l’étude, souligne la complexité de l’interprétation des signatures de croissance :
« Il est compliqué d’interpréter plusieurs signatures de croissance rapprochées. Nous avons trouvé des preuves solides que les protocoles généralement utilisés dans les études sur la croissance pourraient devoir être révisés. »
Nathan Myhrvold, mathématicien et paléobiologiste de Intellectual Ventures
