Home MondeLe Timor oriental devient le nouveau membre de l’ASEAN

Le Timor oriental devient le nouveau membre de l’ASEAN

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2023 08h26:00. L’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) a accueilli officiellement le Timor oriental comme onzième membre, marquant une étape historique pour la jeune nation et une nouvelle dynamique pour le bloc régional. Parallèlement, la Thaïlande et le Cambodge ont renforcé leur cessez-le-feu frontalier, sous l’égide de négociations facilitées par les États-Unis.

  • Le Timor oriental devient le premier nouveau membre de l’ASEAN depuis plus d’une décennie.
  • La Thaïlande et le Cambodge ont signé un accord pour étendre le cessez-le-feu à leur frontière commune.
  • L’adhésion du Timor oriental ouvre de nouvelles perspectives économiques pour le pays, tout en posant des défis en termes de développement institutionnel.

Kuala Lumpur a été le théâtre d’une cérémonie officielle où le drapeau du Timor oriental a rejoint ceux des dix autres États membres de l’ASEAN. Pour Xanana Gusmao, Premier ministre timorais, il s’agit de l’accomplissement d’un long chemin parsemé d’épreuves.

« Aujourd’hui, l’histoire est écrite. Pour le peuple du Timor-Leste, ce n’est pas seulement un rêve réalisé, mais aussi une puissante affirmation de notre parcours – un voyage marqué par la résilience, la détermination et l’espoir. »

Xanana Gusmao, Premier ministre du Timor oriental

L’intégration du Timor oriental, pays de 1,4 million d’habitants avec un produit intérieur brut (PIB) d’environ 2 milliards de dollars américains (environ 1,85 milliard d’euros), lui donne accès à un marché régional de 680 millions de consommateurs et à une économie de 3,8 billions de dollars (environ 3,5 billions d’euros). Anwar Ibrahim, Premier ministre malaisien et président tournant de l’ASEAN, a salué cette adhésion comme l’affirmation d’un “destin commun et d’un profond sentiment de parenté régionale”.

En marge du sommet de l’ASEAN, qui se poursuivra pendant deux jours avec la participation de partenaires clés tels que la Chine, le Japon, l’Inde, l’Australie, la Russie, la Corée du Sud et les États-Unis, un autre accord significatif a été signé. Le Cambodge et la Thaïlande ont officialisé l’extension de leur cessez-le-feu frontalier, une initiative dans laquelle le président américain Donald Trump a joué un rôle de médiateur.

« Il y a eu beaucoup de meurtres. Et puis nous avons arrêté cela très rapidement. »

Donald Trump, Président américain

Cet accord prévoit le rapatriement de 18 soldats cambodgiens détenus par la Thaïlande et le retrait progressif des armes lourdes de la zone frontalière. Une équipe d’observateurs, composée d’États membres de l’ASEAN, sera déployée pour superviser la mise en œuvre de cet accord, qualifié de “déclaration commune” par les dirigeants cambodgien et thaïlandais, mais baptisé “Accords de paix de Kuala Lumpur” par Donald Trump. Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a souligné que cette initiative jetterait les bases d’une paix durable et renforcerait les liens bilatéraux.

« Cette déclaration, si elle est pleinement mise en œuvre, fournira les éléments constitutifs d’une paix durable. Mais plus important encore, cela permettra d’entamer le processus de rapprochement de nos liens. »

Anutin Charnvirakul, Premier ministre thaïlandais

Le Premier ministre cambodgien Hun Manet a également exprimé son optimisme :

« Aujourd’hui marque un moment historique d’une profonde signification pour le Cambodge et la Thaïlande – un jour où nous affirmons notre conviction commune que la paix est toujours possible lorsque les nations ont le courage et la sagesse de la poursuivre ensemble. »

Hun Manet, Premier ministre cambodgien

Donald Trump a également annoncé la signature d’accords économiques avec le Cambodge, la Thaïlande et la Malaisie. Parmi les autres dirigeants présents au sommet figuraient le Premier ministre chinois Li Qiang et le Premier ministre japonais Sanae Takaichi.

L’adhésion du Timor oriental à l’ASEAN, après une demande formulée en 2011 et l’obtention du statut d’observateur en 2022, représente un tournant pour ce pays qui a longtemps lutté pour son indépendance. Ancienne colonie portugaise pendant plus de quatre siècles, le Timor oriental a déclaré son indépendance en 1975, avant d’être envahi par l’Indonésie, qui a occupé le pays pendant 24 ans, causant la mort de dizaines de milliers de personnes. L’indépendance a été officiellement rétablie en 2002, suite à un référendum organisé sous l’égide de l’ONU.

Aujourd’hui, dirigé par Xanana Gusmao et le président José Ramos-Horta, lauréat du prix Nobel de la paix en 1996, le Timor oriental est confronté à des défis majeurs tels que le chômage, la malnutrition et la pauvreté, qui touchent 42 % de la population. Le pays, dont l’économie est fortement dépendante de l’industrie pétrolière et gazière, cherche à diversifier ses sources de revenus. Joanne Lin, co-coordinatrice du Centre d’études ASEAN de l’Institut ISEAS-Yusof Ishak à Singapour, souligne que le Timor oriental devra bénéficier d’un soutien technique et financier important pour pleinement participer aux activités de l’ASEAN, tout en apportant une nouvelle perspective sur des questions telles que l’autonomisation des jeunes et la diplomatie des petits États.

Le Premier ministre Gusmao a conclu en affirmant que l’adhésion à l’ASEAN ouvre un “nouveau chapitre inspirant” pour le Timor oriental, offrant des opportunités en matière de commerce, d’investissement, d’éducation et d’économie numérique.

« Ce n’est pas la fin d’un voyage, c’est le début d’un nouveau chapitre inspirant. »

Xanana Gusmao, Premier ministre du Timor oriental

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.