Home SantéLe variant A(H3N2) pourrait-il générer une nouvelle pandémie ? Le président de l’Association colombienne d’épidémiologie explique l’ampleur du virus

Le variant A(H3N2) pourrait-il générer une nouvelle pandémie ? Le président de l’Association colombienne d’épidémiologie explique l’ampleur du virus

by Sophie Martin

Publié le 16 décembre 2025 à 13h25. La Colombie se prépare à l’arrivée du variant A(H3N2) de la grippe, qui, bien que non plus mortel que les souches habituelles, se distingue par sa forte contagiosité et une propagation inhabituelle des infections respiratoires à l’échelle mondiale. La vaccination précoce est présentée comme la principale arme pour limiter les complications.

  • Le variant H3N2 de la grippe A est considéré comme inévitable en Colombie.
  • La surveillance génomique des virus respiratoires est actuellement insuffisante dans le pays.
  • La vaccination reste le moyen de protection le plus efficace, en particulier pour les populations vulnérables.

Les autorités sanitaires colombiennes sont en alerte face à la propagation du variant A(H3N2) de la grippe, mais rassurent la population : il ne s’agit pas d’une souche plus virulente que les autres. L’inquiétude réside principalement dans sa capacité de contagion accrue et dans le fait qu’il contribue à une augmentation précoce des cas d’infections respiratoires, un phénomène observé dans de nombreux pays. Selon Silvana Zapata Bedoya, présidente de l’Association colombienne d’épidémiologie (Asocepic), les alertes épidémiologiques ne doivent pas semer la panique, mais servir d’outils de prévention.

« Les alertes épidémiologiques doivent nous préoccuper tous. Elles visent à éviter une situation qui pourrait nous affecter à l’avenir », explique-t-elle. « Après la pandémie, les alertes sont devenues un peu ‘effrayantes’ pour les gens, mais il faut comprendre que lorsqu’une alerte est lancée, c’est comme une alerte météo : pluie, soleil intense, canicule… C’est un signal d’attention. »

La Colombie dispose d’un système de surveillance épidémiologique et virologique performant, mais un point faible majeur a été identifié : la diminution de la surveillance génomique. Cette surveillance est cruciale pour identifier les mutations des virus en circulation, suivre leur évolution et adapter les stratégies de prévention en conséquence. Sans elle, il est plus difficile de réagir rapidement face à de nouvelles menaces.

La vaccination reste la pierre angulaire de la protection contre la grippe. Un programme de vaccination annuel est en place en Colombie, ciblant les groupes les plus vulnérables : personnes âgées, personnes atteintes de maladies chroniques, femmes enceintes et personnel soignant. Cependant, des obstacles culturels et saisonniers persistent, notamment en décembre, période où les gens sont moins enclins à se faire vacciner malgré les risques d’hospitalisation et de complications graves.

Silvana Zapata Bedoya, présidente de l’Association d’épidémiologie de Colombie (Asocepic) Photo:Dossier privé

Concernant la possibilité d’une nouvelle pandémie, Silvana Zapata Bedoya est catégorique : « Non, absolument pas. C’est un virus que nous avons déjà, que nous connaissons déjà et qui n’a subi qu’un seul changement. » Elle souligne que le vaccin actuel reste efficace et que les mesures d’hygiène de base, telles que le port du masque et le lavage des mains, continuent de jouer un rôle important.

« Non, absolument pas. C’est un virus que nous avons déjà, que nous connaissons déjà et qui n’a subi qu’un seul changement. »

Silvana Zapata Bedoya, présidente d’Asocepic

Outre la grippe, les autorités sanitaires mettent en garde contre d’autres risques saisonniers, tels que les brûlures dues aux liquides chauds, les blessures causées par des pétards, les intoxications alimentaires et alcooliques, ainsi que la dengue. La coqueluche et la variole du singe (mpox) nécessitent également une attention particulière, de même que le risque d’importation de rougeole, malgré une couverture vaccinale relativement bonne en Colombie.

Des journées de vaccination spéciales ont été organisées récemment pour encourager la population à se faire vacciner. En décembre, il est particulièrement difficile de convaincre les gens de se faire vacciner, car ils craignent les effets secondaires et préfèrent profiter des festivités de fin d’année. Les experts rappellent toutefois qu’un jour de malaise dû au vaccin est préférable à dix jours à l’hôpital.

Se faire vacciner est la recommandation des experts. Photo:FDS

EDWIN CAICEDO

Journaliste Environnement et Santé

@CaicedoUcros

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