Publié le 28 octobre 2025 à 01:01:00. Le Venezuela a suspendu son accord énergétique avec Trinité-et-Tobago en réaction à l’accueil par Port d’Espagne d’un navire de guerre américain, exacerbant les tensions régionales et relançant les accusations de menaces contre le gouvernement de Nicolás Maduro.
- Le Venezuela suspend son accord de coopération gazière avec Trinité-et-Tobago.
- Cette décision fait suite à l’arrivée du destroyer américain USS Gravely pour des exercices militaires.
- Le président Maduro dénonce une menace et accuse Trinité-et-Tobago de servir de base militaire américaine.
Le Venezuela et Trinité-et-Tobago étaient liés par un vaste accord de coopération dans le domaine du gaz depuis 2015. Lundi, le président Nicolás Maduro a annoncé la suspension immédiate de cet accord, justifiant sa décision par la présence du destroyer américain USS Gravely (DDG-107) dans les eaux territoriales de Trinité-et-Tobago. Selon Caracas, ces manœuvres militaires, menées dans le cadre d’opérations antidrogue américaines dans les Caraïbes, constituent une menace directe.
La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, qui dirige également le ministère stratégique des Hydrocarbures, avait recommandé au président Maduro de rompre l’accord en collaboration avec la compagnie pétrolière publique PDVSA. Maduro a déclaré avoir approuvé une « mesure conservatoire » de suspension de tous les effets de l’accord.
« J’ai approuvé la mesure conservatoire de suspension immédiate de tous les effets de l’accord énergétique et de tout ce qui a été convenu en la matière. C’est une mesure conservatoire à laquelle j’ai le pouvoir en tant que président et j’ai approuvé et signé. J’ai tout suspendu ! »
Nicolás Maduro, président du Venezuela
La Première ministre trinidadienne, Kamla Persad-Bissessar, a fermement rejeté toute tentative de chantage politique. Dans un message texte à l’AFP, elle a affirmé :
« Nous ne sommes exposés à aucun chantage de la part des Vénézuéliens en quête de soutien politique. Notre avenir ne dépend pas du Venezuela et ne l’a jamais été. »
Kamla Persad-Bissessar, Première ministre de Trinité-et-Tobago
Récemment, Trinité-et-Tobago a obtenu l’autorisation des États-Unis d’exploiter un gisement pétrolier situé à proximité de sa frontière avec le Venezuela, malgré l’embargo américain en vigueur depuis 2019. Maduro n’a pas encore commenté cette autorisation.
Les relations entre les deux pays se sont tendues depuis l’arrivée au pouvoir de Persad-Bissessar, qui a adopté une ligne dure envers l’immigration vénézuélienne et s’est rapprochée de Washington. Selon le vice-président Rodríguez, la Première ministre trinidadienne s’est associée aux « plans de guerre » des États-Unis en permettant à son territoire de devenir une « colonie militaire américaine » dans le but de déstabiliser le Venezuela et de s’emparer de ses ressources pétrolières et gazières.
Le destroyer américain USS Gravely restera à Trinité-et-Tobago jusqu’au 30 octobre pour participer à des exercices conjoints. Il s’agit d’une des unités déployées par les États-Unis dans les Caraïbes dans le cadre de leur lutte contre le trafic de drogue. D’autres navires, dont le porte-avions USS Gerald R. Ford, le plus grand du monde, devraient rejoindre la zone dans les prochains jours.
Les opérations américaines ont déjà entraîné la mort d’au moins 43 personnes lors de dix affrontements avec des bateaux soupçonnés de trafic de drogue dans les Caraïbes et le Pacifique. Le Venezuela a affirmé avoir démantelé une « cellule criminelle » liée à la CIA qui aurait tenté d’attaquer l’USS Gravely afin de discréditer Caracas. Le ministère des Affaires étrangères de Trinité-et-Tobago a, quant à lui, nié que les exercices militaires américains aient pour objectif de provoquer des hostilités contre le Venezuela.
Maduro continue de soutenir que le déploiement militaire américain dans les Caraïbes vise à le renverser du pouvoir et à s’approprier les richesses du Venezuela.
gs (afp, efe)
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