Le virus du Nil occidental enregistre une progression marquée en Europe en ce début d’octobre 2026, avec 145 cas humains autochtones recensés en France hexagonale et des bilans en hausse en Italie, aux Pays-Bas et en Espagne, selon les données publiées par les autorités sanitaires.
La circulation de cet arbovirus transmettant la fièvre du Nil occidental se poursuit à travers le continent. D’après le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), plus de 1 700 cas humains acquis localement avaient été signalés dans 16 pays européens à la fin du mois de septembre selon les données de l’agence européenne. L’Italie demeure le pays le plus touché avec plus de 700 cas confirmés.

Le bilan s’alourdit en Île-de-France et aux Pays-Bas
En France, Santé publique France a enregistré un total de 145 contaminations autochtones réparties sur sept régions, marquant une accélération par rapport aux saisons précédentes. Actuellement, le virus se propage également en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en Occitanie, en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Nouvelle-Aquitaine, dans les Pays de la Loire ainsi qu’au Centre-Val de Loire. L’été 2025 avait déjà marqué l’émergence du virus en Île-de-France. L’Île-de-France comptabilise notamment 23 cas autochtones au 28 septembre, parmi lesquels 13 formes neuro-invasives et trois décès. Les autorités sanitaires soulignent que le virus ne se transmet pas d’homme à homme, mais par la piqûre de moustiques du genre Culex infectés après avoir piqué des oiseaux.
La situation évolue également dans le nord-ouest de l’Europe. Aux Pays-Bas, l’agence nationale de la santé (RIVM) a dénombré 59 cas confirmés et 10 décès au cours de la saison, dont un nouveau décès survenu pendant la première semaine d’octobre d’après le bulletin hebdomadaire de l’agence. Un porte-parole de l’institution a précisé que les personnes décédées présentaient des âges avancés ou des pathologies sous-jacentes. Selon l’agence flamande de la santé (Vlaams Departement Zorg), la Flandre recense pour sa part treize cas signalés, dont trois s’avèrent confirmés.
Une propagation active chez les animaux et les équidés
La surveillance épidémiologique met en évidence une vaste zone de circulation active qui s’étend des pays méditerranéens jusqu’au nord-ouest de l’Europe. Aux Pays-Bas, le nombre d’équidés touchés s’élève à 150, tandis que 178 oiseaux infectés ont été recensés.
L’Espagne fait face à une expansion géographique similaire de l’activité virale chez les animaux. Le pays a enregistré son premier foyer équin de l’année en Aragon, dans la commune de San Esteban de Litera, au sein d’une exploitation de 30 chevaux. Cette détection porte à 29 le nombre d’épidémies animales recensées en territoire espagnol depuis le début de la saison, confirmant une progression vers le nord-est au-delà des foyers traditionnels du sud.

Recommandations sanitaires et symptômes d’alerte
Environ 80 % des infections par le virus du Nil occidental demeurent totalement asymptomatiques. Près de 20 % des personnes infectées développent un syndrome grippal associant fièvre, maux de tête et courbatures après une période d’incubation de deux à quatorze jours. Toutefois, moins de 1 % des cas progressent vers des formes neuro-invasives graves, telles que des méningites ou des encéphalites.
En cas de survenue de troubles neurologiques, de désorientation, de faiblesse musculaire ou de raideur de la nuque, une prise en charge médicale urgente s’impose en contactant le SAMU au 15 ou le numéro d’urgence européen 112.
Recommandations sanitaires, via Millastuces
Les autorités sanitaires recommandent aux voyageurs et aux résidents des zones touchées d’appliquer les mesures de prévention habituelles contre les piqûres de moustiques, incluant l’utilisation de répulsifs cutanés, le port de vêtements couvrants au coucher du soleil et l’élimination des sources d’eau stagnante. Dans les régions où circule le virus, les dons de sang font par ailleurs l’objet d’un dépistage moléculaire ou d’une éviction temporaire de 28 jours pour les donneurs.