L’intelligence artificielle (IA) s’invite de plus en plus dans le secteur des soins aux personnes âgées, suscitant à la fois enthousiasme et interrogations. Une récente enquête menée par LeadingAge révèle un intérêt croissant pour les grands modèles de langage (LLM), mais aussi un besoin de formation et de vigilance face aux risques potentiels.
L’adoption des LLM est déjà bien amorcée, avec Copilot de Microsoft en tête de liste : 63 % des organisations interrogées l’utilisent, contre 36 % pour ChatGPT, 3 % pour Gemini de Google et 1 % pour Claude. Plus de la moitié de celles qui n’y ont pas encore recours envisagent de le faire dans les 12 prochains mois.
Cependant, l’enquête souligne un manque de compétences internes en IA. La plupart des organisations se disent peu familières avec cette technologie, ou n’ont que quelques experts dans leurs équipes. Seule une minorité (49 %) se sent suffisamment à l’aise pour déployer des solutions d’IA ciblées.
Joe Velderman, directeur de la stratégie chez K4Connect et membre du conseil d’administration du Parker Health Group, insiste sur l’importance des données pour exploiter pleinement le potentiel de l’IA générative. « Les données sont le carburant de ces LLM, et il est donc essentiel pour les organisations d’apprendre à les utiliser et à les gérer efficacement afin de tirer parti de ces outils de manière pertinente », a-t-il déclaré.
Lors d’une session récente, l’IA a même été invitée à participer à une discussion. Travis Gleinig, vice-président de l’innovation et directeur des systèmes d’information (CIO) des Communautés Méthodistes Unies, a expliqué que ChatGPT avait été sollicité pour effectuer une analyse des principaux rapports et ressources du secteur, afin d’enrichir le débat. Il a souligné la nécessité d’une évolution culturelle pour favoriser une meilleure compréhension de l’IA au sein des équipes.
« Il y a une grande différence entre être capable de comprendre l’IA et de la maîtriser », a-t-il précisé. « Mon objectif est que nos collaborateurs maîtrisent cette technologie afin de pouvoir l’adopter et l’utiliser facilement, car c’est clairement la direction que prend le marché. » Il explore d’ailleurs l’utilisation de Google NotebookLM pour créer des supports de formation plus engageants pour les nouveaux employés.
De son côté, Raymond Benegas, vice-président informatique de Presbyterian Living, a indiqué que l’IA est déjà intégrée dans les processus cliniques, commerciaux et marketing. Les employés testent également Copilot de Microsoft, et les plateformes de cybersécurité bénéficient de fonctionnalités d’IA qui améliorent la détection des activités suspectes, comme les tentatives de connexion inhabituelles.
« Sans ces solutions d’IA, nous n’aurions pas pu détecter ces anomalies aussi rapidement », a-t-il affirmé. « Elles analysent les données en permanence et nous fournissent les informations dont nous avons besoin pour agir. »
Interrogé sur les risques liés à l’adoption de l’IA, ChatGPT a souligné l’importance de la surveillance humaine et de la lutte contre les biais. « Un danger potentiel est l’automatisation de décisions qui nécessitent de l’empathie. Par exemple, s’appuyer trop sur l’IA pour élaborer des plans de soins personnalisés sans une supervision humaine adéquate pourrait conduire à des choix qui ne tiennent pas compte de toutes les nuances », a-t-il averti. Il a également mis en garde contre les problèmes de confidentialité des données et les biais potentiels liés à des données d’entraînement incomplètes ou non représentatives.
Les experts présents ont également insisté sur l’importance de la gouvernance des données et de la formation continue, notamment face à la menace croissante des tentatives de phishing assistées par l’IA.
