Des chercheurs de l’Université du Texas à San Antonio ont reçu plus de 6 millions de dollars (environ 5,5 millions d’euros) des National Institutes of Health pour faire avancer la recherche sur le cancer de la bouche, une maladie particulièrement agressive et difficile à traiter. Ces financements pluriannuels soutiendront des études visant à mieux comprendre et soulager la douleur liée à cette pathologie, ainsi qu’à développer de nouvelles approches thérapeutiques.
À retenir
- Trois subventions des National Institutes of Health (NIH) permettront de financer des recherches sur le cancer de la bouche et ses effets secondaires douloureux.
- Les études se concentreront sur le carcinome épidermoïde buccal, la mucite buccale et les mécanismes de la douleur liée au cancer.
- Les chercheurs espèrent développer de nouvelles thérapies pour améliorer la qualité de vie des patients et augmenter les taux de survie.
Contexte
Le carcinome épidermoïde buccal, qui représente plus de 95 % des cancers de la bouche, est en augmentation. Malheureusement, la majorité des patients sont diagnostiqués à un stade avancé, ce qui se traduit par un taux de survie à cinq ans de seulement 38 %. Chaque année, cette maladie est responsable d’environ 11 000 décès aux États-Unis, et près de 200 000 personnes vivent actuellement avec un diagnostic.
Les traitements, notamment la radiothérapie, peuvent entraîner des effets secondaires sévères, comme la mucite buccale, caractérisée par une inflammation intense et des ulcères douloureux dans la cavité buccale. La gestion de la douleur reste un défi majeur, car les médicaments existants, souvent des opiacés, peuvent être peu efficaces ou entraîner une tolérance rapide.
Ce qui change
Les subventions permettront à l’École de médecine dentaire d’UT Health San Antonio de mener des recherches innovantes sur plusieurs fronts. Une première étude, dirigée par Cara Gonzales, DDS, PhD, évaluera la possibilité de cibler TRPC1 (Transient Receptor Potential Canonical 1), un canal ionique impliqué dans la régulation du flux d’ions dans les cellules cancéreuses. L’objectif est de déterminer si l’inhibition de TRPC1 pourrait tuer sélectivement les cellules cancéreuses tout en préservant les cellules immunitaires.
Une autre subvention, attribuée à Shivani Ruparel, PhD, et Brij B. Singh, PhD, financera des recherches sur le rôle du calcium, de TRPM2 (Transient Receptor Potential Melastatin 2) et de la signalisation de l’inflammasome dans le développement de la mucite buccale radio-induite. Les chercheurs espèrent identifier de nouvelles stratégies préventives en inhibant TRPM2.
Enfin, une troisième étude, également dirigée par Shivani Ruparel, se penchera sur l’isoforme TrkBT1 tronquée, une version alternative d’un récepteur impliqué dans la douleur neuropathique, afin de déterminer si elle joue un rôle dans la douleur liée au cancer de la bouche. L’objectif est de développer de nouveaux analgésiques plus efficaces et mieux tolérés.
Prochaines étapes
Les résultats de ces études, qui se dérouleront sur plusieurs années, devraient permettre de mieux comprendre les mécanismes complexes impliqués dans le développement et la progression du cancer de la bouche, ainsi que dans les effets secondaires de son traitement. Les chercheurs espèrent que ces connaissances conduiront à l’élaboration de nouvelles thérapies ciblées et à l’amélioration de la prise en charge des patients.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Montant total des subventions | 6 millions de dollars (environ 5,5 millions d’euros) |
| Taux de survie à cinq ans (carcinome épidermoïde buccal) | 38 % |
| Nombre de décès annuels aux États-Unis (cancer de la bouche) | 11 000 |
| Nombre de personnes vivant avec un cancer de la bouche aux États-Unis | 200 000 |
Sources
Communiqué de presse UT Health San Antonio, 7 novembre 2025.