Home AffairesL’économie européenne est orientée vers un monde en voie de disparition, déclare Lagarde de la BCE | Banque centrale européenne

L’économie européenne est orientée vers un monde en voie de disparition, déclare Lagarde de la BCE | Banque centrale européenne

by Amélie Bernard

Publié le 21 novembre 2025 à 13h37. L’économie européenne est confrontée à des défis majeurs, selon Christine Lagarde, qui appelle à des réformes profondes pour relancer la croissance face à un environnement mondial en mutation et à des vulnérabilités internes persistantes.

  • Christine Lagarde met en garde contre une économie européenne mal préparée aux évolutions du commerce mondial.
  • La BCE souligne la nécessité de réduire les barrières commerciales internes à l’UE et d’harmoniser les règles fiscales.
  • L’Europe doit réduire sa dépendance à des pays tiers pour les matières premières stratégiques et les technologies clés.

L’Union européenne s’oriente vers un modèle économique dépassé, a averti Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), lors du Congrès bancaire européen à Francfort, en Allemagne. Selon elle, la dépendance excessive de l’UE au commerce international la rend particulièrement vulnérable aux changements géopolitiques et aux politiques protectionnistes.

La présidente Lagarde a pointé du doigt le virage protectionniste initié par Donald Trump, avec l’imposition de droits de douane élevés sur de nombreux partenaires commerciaux, ainsi que les stratégies de la Chine, qui utilise sa position dominante dans la production de matériaux essentiels pour exercer des pressions économiques. Elle a notamment cité le contrôle chinois de l’approvisionnement en terres rares – cruciales pour la fabrication de moteurs électriques et d’éoliennes – et les difficultés d’approvisionnement en puces de puissance produites par Nexperia en Chine, qui menacent l’ensemble de l’industrie automobile mondiale.

« Notre dépendance à l’égard de pays tiers pour notre sécurité et l’approvisionnement en matières premières critiques nous expose à des risques considérables », a-t-elle déclaré.

Au-delà de ces vulnérabilités externes, la BCE critique également les faiblesses internes de l’UE. Lagarde a déploré le manque de progrès sur le marché intérieur, en particulier dans les secteurs clés tels que le numérique et l’intelligence artificielle, ainsi que dans les domaines qui les financent, comme les marchés des capitaux. Elle a également souligné un cercle vicieux où les épargnants européens investissent massivement dans les actions américaines, contribuant ainsi à la croissance de l’économie américaine au détriment de l’UE et entraînant une stagnation de la productivité nationale.

« Notre marché intérieur est resté au point mort, en particulier dans les domaines qui façonneront la croissance future, comme le numérique et l’intelligence artificielle, ainsi que dans les domaines qui la financeront, comme les marchés des capitaux. »

Christine Lagarde, présidente de la BCE

Malgré ces défis, Lagarde a reconnu certains atouts de l’Europe, notamment la résilience de son marché du travail, la croissance des investissements numériques et les dépenses publiques, en particulier dans le domaine de la défense, en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Ces dépenses ont contribué à atténuer le ralentissement économique.

Pour relancer la croissance, la présidente de la BCE a plaidé pour une réduction significative des barrières commerciales entre les pays de l’UE. Selon les analyses de la BCE, ces barrières équivalent à des droits de douane de 100 % sur les services et de 65 % sur les biens. Elle a estimé que leur suppression, en s’alignant sur le niveau d’ouverture de l’économie néerlandaise, compenserait pleinement l’impact des droits de douane américains.

Lagarde a également appelé à une reconnaissance mutuelle des réglementations entre les pays européens, permettant aux entreprises autorisées dans un État membre de vendre leurs produits et services dans l’ensemble de l’UE. Elle a également préconisé l’adoption de règles fiscales décidées à la majorité qualifiée, afin d’éviter qu’un seul pays ne puisse bloquer les réformes.

L’harmonisation de la TVA, facilitant l’accès au marché unique pour les petites entreprises européennes sans avoir à se conformer à 27 régimes fiscaux différents, est également une mesure proposée par la BCE.

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