Publié le 17 décembre 2025. Malgré les tensions commerciales, l’inflation persistante et l’endettement public élevé, l’économie mondiale affiche une résilience inattendue et devrait maintenir une croissance modérée dans les prochaines années, selon les dernières prévisions de Citi Research.
- Le PIB mondial devrait croître de 2,7 % en 2026 et de 2,8 % en 2027.
- L’inflation reste globalement contenue, autour de 2 % globalement et 2,5 % hors énergie et aliments.
- Les droits de douane américains ont atteint un niveau record, mais leur impact économique s’est avéré moins sévère que prévu.
L’économie mondiale continue de surprendre les analystes par sa capacité à résister aux chocs. Pour la quatrième année consécutive, la croissance devrait se situer autour de 3 %, malgré les multiples défis auxquels elle est confrontée. Cette résilience s’explique notamment par la flexibilité des chaînes d’approvisionnement, la solidité des marchés du travail et la stabilité des dépenses de consommation.
« Nous avons constamment sous-estimé la résilience de l’économie mondiale, » soulignent les auteurs de l’étude. « Même en tenant compte des facteurs de risque, l’offre économique a démontré une capacité d’adaptation remarquable, tandis que les marchés du travail mondiaux sont restés robustes, soutenant ainsi la consommation. »
La croissance des pays développés devrait légèrement ralentir, passant de 1,7 % à 1,6 %, tandis que celle des marchés émergents devrait diminuer, de 4,2 % à 4 %. Des améliorations sont attendues en Corée du Sud, en Australie, en Suède et en Pologne, tandis que l’Allemagne et le Mexique devraient afficher une croissance modérée. L’Inde, la Chine, Singapour, l’Espagne et le Brésil devraient connaître un ralentissement.
Les indices des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier et des services restent élevés, signalant une dynamique économique positive à l’approche de 2026.
L’inflation, bien que globalement maîtrisée, présente des disparités notables entre les États-Unis et la Chine. Les États-Unis continuent de lutter contre une inflation supérieure à leur objectif en raison des droits de douane, ce qui limite la marge de manœuvre de la Réserve fédérale pour baisser les taux d’intérêt. La Chine, quant à elle, est confrontée à une inflation faible dans un contexte de demande intérieure atone.
La politique commerciale reste un facteur clé. Les droits de douane américains ont atteint environ 15 %, contre 2,5 % au début de l’administration actuelle, un niveau inégalé depuis plus de 80 ans. Malgré leur ampleur, l’impact économique a été moins important que prévu, en partie grâce aux dépenses anticipées des ménages et des entreprises. Jusqu’à présent, moins de la moitié des droits de douane ont été répercutés sur les consommateurs, une part importante étant absorbée par les entreprises, en particulier les plus petites.
Ces droits de douane ont également modifié les flux commerciaux mondiaux, accélérant le processus de découplage entre les États-Unis et la Chine. Si la Chine a perdu des parts de marché aux États-Unis, des économies comme Taïwan, le Vietnam, le Mexique et la Thaïlande en ont profité, même si une partie de cette croissance est due à la réexportation. Les exportations chinoises sont restées globalement solides en 2025, grâce à la demande de l’ASEAN et de l’Union européenne, mais leur pérennité en 2026 reste incertaine.
Les principaux risques pour 2026 identifiés par Citi Research sont une augmentation plus importante que prévu des droits de douane, une détérioration du marché du travail américain, un repli des investissements et des valorisations dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), la faiblesse de la demande intérieure en Chine et les niveaux élevés de dette publique dans les principales économies. La dette publique dépasse ou approche les 100 % du PIB dans de nombreux pays développés, ce qui réduit leur marge de manœuvre budgétaire.
Concernant les matières premières, les prix du pétrole devraient se stabiliser autour de 60 dollars le baril en 2026. Sur le marché des changes, une appréciation cyclique du dollar est attendue début 2026, avec un taux de change euro/dollar se rapprochant de 1,10.
Dans l’ensemble, la combinaison d’une croissance résiliente et d’une inflation maîtrisée laisse entrevoir la poursuite d’un environnement économique favorable, qualifié de « Boucle d’or ». Malgré les défis persistants, l’équilibre des risques suggère que l’économie mondiale devrait prolonger sa période de stabilité jusqu’en 2026, plutôt que de subir un ralentissement brutal.
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