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Les budgets de cybersécurité augmenteront-ils en 2026 ?

by Thomas Caron

Publié le 8 janvier 2026 à 06h09. Après une période de restrictions budgétaires, les dépenses en cybersécurité devraient rebondir en 2026, stimulées par l’augmentation des menaces et l’importance croissante de l’intelligence artificielle (IA). Cette tendance positive pourrait enfin soulager les professionnels du secteur, confrontés à une pénurie de postes et à des investissements limités ces dernières années.

  • Les budgets de cybersécurité devraient augmenter pour 98 % des entreprises interrogées.
  • L’IA est un moteur clé de ces investissements, mais nécessite également de nouvelles compétences.
  • La sécurité du cloud et la gestion des identités et des accès (IAM) restent des priorités.

Après des années de fluctuations, les budgets de cybersécurité semblent entrer dans une nouvelle phase d’expansion. La pandémie de COVID-19 avait initialement entraîné une forte augmentation des dépenses, en raison du passage massif au télétravail et de la migration vers des systèmes basés sur le cloud, rendant les données et les infrastructures plus vulnérables. Cependant, l’inflation, l’incertitude économique et l’essor de l’intelligence artificielle ont conduit à des coupes budgétaires ces dernières années, limitant les embauches et laissant de nombreux postes vacants.

Une nouvelle étude menée par le cabinet de conseil KPMG révèle un renversement de cette tendance. L’enquête, réalisée auprès de 300 cadres supérieurs et responsables de la sécurité, indique que 98 % des répondants ont bénéficié d’une augmentation de leur budget de cybersécurité au cours des 12 derniers mois. Plus de la moitié (54 %) anticipent une hausse de 6 à 10 % de leurs dépenses dans ce domaine.

Ces investissements supplémentaires seront principalement alloués à la sécurité et à la confidentialité des données, à la gestion des identités et des accès (IAM) et à la sécurité du cloud. Cette réaction est directement liée à l’augmentation des menaces, avec 83 % des personnes interrogées signalant une hausse des incidents de sécurité, notamment le phishing, les ransomwares et les attaques d’ingénierie sociale basées sur l’IA.

« Les dirigeants ne se contentent plus de se défendre de manière réactive, ils investissent activement pour construire une posture de sécurité capable de résister aux chocs futurs, en particulier ceux liés à l’IA et aux autres technologies émergentes. »

Michael Isensee, responsable de la cybersécurité et des risques technologiques chez KPMG

Les experts du secteur considèrent cette augmentation des dépenses comme une correction nécessaire après une période de restrictions budgétaires et de choix stratégiques qui ont conduit à laisser des postes critiques non pourvus. La cybersécurité, selon Hank Thomas, co-fondateur et PDG de Strategic Cyber Ventures, est particulièrement sensible à l’obsolescence si elle n’est pas constamment entretenue et alimentée. L’essor des acteurs malveillants utilisant l’IA et la cyberguerre automatisée exigent une innovation rapide des tactiques, des techniques et des procédures, ainsi qu’une intégration avec d’autres technologies pour combler les lacunes défensives.

Pour les professionnels de la cybersécurité, comprendre ces évolutions budgétaires sera crucial pour évaluer les compétences nécessaires et identifier les opportunités de carrière. Malgré un nombre important de postes vacants aux États-Unis, les embauches ont ralenti ces dernières années, certaines organisations laissant des postes ouverts et comptant sur l’IA pour automatiser certaines tâches d’entrée de gamme. Cependant, 53 % des personnes interrogées par KPMG estiment que le manque de candidats qualifiés reste un défi majeur.

Pour y remédier, les responsables de la sécurité envisagent d’augmenter les salaires (49 %), de renforcer la formation interne (49 %) ou de s’appuyer davantage sur des partenaires externes, tels que les MSSP (25 %). Seth Spergel, associé directeur chez Merlin Ventures, souligne que les RSSI ne sont pas prêts à renoncer à leurs équipes, même en période de restrictions budgétaires, compte tenu des menaces auxquelles leurs organisations sont confrontées.

« Dans certains cas, une conjoncture économique incertaine peut nécessiter de réduire les postes à faible valeur ajoutée. Mais, en général, il reste encore tellement de travail à faire que peu de RSSI sont prêts à se séparer de leur personnel. »

Seth Spergel, associé directeur chez Merlin Ventures

L’IA modifie également la combinaison de compétences requises. Diana Kelley, RSSI chez Noma Security, explique que l’IA accroît la demande pour des profils capables de concevoir des systèmes agentiques, de maîtriser l’ingénierie avancée des invites, la modélisation des menaces contextuelles et la surveillance humaine des systèmes d’IA. Les compétences en IA générative et agentique sont donc de plus en plus recherchées, notamment dans les grandes organisations qui investissent dans des chatbots et des plateformes virtuelles.

Parallèlement à l’IA, la sécurité du cloud et la gestion des identités et des accès (IAM) restent des compétences essentielles. D’autres études confirment l’importance croissante de l’IAM, en particulier avec la prolifération des identités non humaines (NHI) qui accèdent à des systèmes sensibles. Kelly de Noma Security observe une croissance des effectifs dans la sécurité du cloud et de l’identité, tandis que l’expansion des centres de sécurité opérationnels (SOC) traditionnels se stabilise.

Les défis de sécurité restent importants, notamment avec l’utilisation légitime mais risquée des agents d’IA. Spergel de Merlin Ventures souligne que ces agents créent de nouveaux risques que les RSSI doivent gérer en permanence, ce qui justifie la pression sur les budgets.

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