Publié le 13 octobre 2025. L’intoxication alimentaire liée au programme national de repas scolaires gratuits (MBG) continue de s’aggraver en Indonésie, touchant désormais au-delà des élèves et suscitant de vives critiques sur le contrôle qualité et la responsabilité des autorités.
- Plus de 1 084 nouveaux cas d’intoxication ont été recensés en une semaine, entre le 6 et le 12 octobre 2025.
- La propagation géographique des cas s’étend, avec deux nouvelles régions touchées : la régence de Banjar (Kalimantan Sud) et la ville de Gorontalo.
- Les victimes ne sont plus exclusivement des écoliers : des enseignants, de jeunes enfants, des femmes enceintes et des membres de familles ont également été affectés.
Le Réseau indonésien de surveillance de l’éducation (JPPI) alerte sur une crise sanitaire grandissante liée au programme de repas nutritifs gratuits (MBG), initialement conçu pour améliorer la nutrition des écoliers. Selon les données du JPPI, 1 084 nouveaux cas d’intoxication ont été enregistrés au cours de la semaine dernière, portant à plus de 6 500 le nombre total de victimes depuis le début de l’année 2025.
Ubaid Matraji, coordinateur national du JPPI, a exprimé son indignation face à la situation :
« Chaque semaine, des milliers d’enfants sont victimes du MBG, mais l’État permet aux cuisines de continuer à fonctionner. Ce n’est pas seulement de la négligence, c’est une crise de responsabilité publique. »
Ubaid Matraji, coordinateur national du JPPI
La propagation des cas est particulièrement préoccupante. Deux nouvelles zones ont été touchées : la régence de Banjar, dans le Kalimantan Sud, et la ville de Gorontalo, dans la province de Gorontalo, qui n’avaient jusqu’à présent pas été concernées. « C’est la preuve que la propagation des cas devient de plus en plus large et incontrôlée », a souligné Ubaid Matraji.
Les provinces les plus touchées au cours de la semaine dernière sont l’East Nusa Tenggara (NTT) avec 384 victimes (Timor Centre-Sud), le Centre de Java avec 347 victimes (Karanganyar, Klaten, Salatiga) et le Kalimantan Sud avec 130 victimes (Régence de Banjar). Au total, depuis le début de l’année, les cinq provinces ayant enregistré le plus grand nombre de victimes sont le Java Ouest (4 125 victimes), le Centre de Java (1 666 victimes), la Région spéciale de Yogyakarta (DIY) (1 053 victimes), le Java Est (950 victimes) et l’East Nusa Tenggara (NTT) (800 victimes). Le JPPI note une augmentation significative des cas dans le Java Est et le NTT, qui n’étaient pas dans le top cinq au 30 septembre 2025.
L’inquiétude grandit également face à l’élargissement du cercle des victimes. Le JPPI a reçu des signalements concernant des enseignants, des jeunes enfants, des femmes enceintes et des membres de familles affectés après avoir consommé des aliments MBG ramenés de l’école ou distribués via les posyandu (centres de santé communautaires). Des cas de ce type ont été signalés à Bima (NTB), à Ketapang (Kalimantan occidental) et au Timor Centre-Sud (NTT). Ubaid Matraji insiste sur le fait qu’il ne s’agit plus d’un simple problème technique au niveau des cuisines, mais d’une défaillance du système de contrôle et d’assurance qualité qui devrait être mis en œuvre par le gouvernement central.
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