Home SantéLes chiffres s’améliorent, mais nous ne pouvons pas baisser la garde

Les chiffres s’améliorent, mais nous ne pouvons pas baisser la garde

by Sophie Martin

Publié le 2025-12-17 01:50:00. Les autorités cubaines suivent de près l’évolution des épidémies de dengue et de chikungunya, avec des signes d’amélioration récents, mais préviennent que la vigilance reste de mise dans les semaines à venir. Des essais cliniques prometteurs sont en cours pour évaluer l’efficacité d’un traitement contre les douleurs articulaires liées au chikungunya.

  • Une baisse de 21,1 % des syndromes fébriles a été observée à Cuba par rapport à la semaine précédente.
  • Sept provinces cubaines présentent des taux de dengue supérieurs à la moyenne nationale : Las Tunas, Guantánamo, Pinar del Río, Mayabeque, Ciego de Ávila, La Havane et Santiago de Cuba.
  • Des essais cliniques sur le médicament Jusvinza, initialement développé pour la polyarthrite rhumatoïde, sont en cours pour traiter les douleurs articulaires persistantes causées par le chikungunya.

La situation épidémiologique à Cuba reste une priorité pour le gouvernement, qui coordonne ses efforts entre les soins de santé primaires, la surveillance des maladies et la mise en œuvre de protocoles scientifiques. Mardi après-midi, le premier secrétaire du Parti communiste et président de la République, Miguel Díaz-Canel Bermúdez, a présidé une réunion avec des experts et des scientifiques pour faire le point sur la situation.

Lors de cette réunion, la docteure Carilda Peña García, vice-ministre de la Santé publique, a présenté un bilan encourageant pour la semaine se terminant le 50e jour de l’année. Elle a notamment souligné une diminution de 21,1 % des syndromes fébriles par rapport aux sept jours précédents, un indicateur positif observé depuis plusieurs semaines.

Concernant l’épidémie de dengue, les autorités sanitaires ont identifié sept provinces particulièrement touchées : Las Tunas, Guantánamo, Pinar del Río, Mayabeque, Ciego de Ávila, La Havane et Santiago de Cuba. Ces régions nécessitent une attention particulière et des mesures de contrôle renforcées.

Le chikungunya montre également des signes d’amélioration. Le nombre de cas signalés a diminué de 12,3 %, et le nombre de patients nécessitant des soins intensifs a baissé de 13 par rapport à la semaine précédente. Cependant, les experts soulignent que la transmission du virus devrait persister dans les semaines à venir, malgré cette tendance positive.

Le docteur ès sciences Raúl Guinovart Díaz, expert en mathématiques et directeur de science et technologie à l’Université de La Havane, a confirmé que les modèles mathématiques utilisés pour analyser l’évolution des arbovirus sont en accord avec les données observées sur le terrain. Il a toutefois prévenu que, même si la transmission ralentit, les infections continueront de se produire dans différentes régions du pays.

Parallèlement à la surveillance épidémiologique, des recherches cliniques sont en cours pour trouver des traitements efficaces contre le chikungunya. Le docteur Julio Baldomero Hernández, directeur de recherche clinique au Centre d’ingénierie génétique et de biotechnologie (CIGB), a présenté les résultats préliminaires de deux essais cliniques portant sur l’utilisation du Jusvinza, un médicament initialement conçu pour la polyarthrite rhumatoïde.

Le premier essai, débuté le 2 décembre à l’hôpital clinique chirurgical « 10 de Octubre » à La Havane, vise à évaluer la sécurité et l’efficacité du Jusvinza administré par voie sous-cutanée chez des patients souffrant de douleurs articulaires persistantes après une infection au chikungunya. Jusqu’à présent, 174 patients ont été inclus dans l’étude, et les premiers résultats indiquent une bonne tolérance au médicament.

« L’objectif est de démontrer la sécurité et l’effet thérapeutique de l’administration sous-cutanée de Jusvinza chez les patients en phase post-aiguë et chronique de la maladie. »

Dr. Julio Baldomero Hernández, directeur de recherche clinique au CIGB

Le deuxième essai, mené à l’hôpital clinique chirurgical « Faustino Pérez » à Matanzas, concerne 120 patients atteints de chikungunya chronique. Les premiers résultats suggèrent également un bon profil de sécurité pour le Jusvinza, et l’évaluation de son efficacité clinique est en cours.

Les chercheurs soulignent que l’utilisation du Jusvinza dans le traitement du chikungunya repose sur les connaissances scientifiques acquises grâce à son utilisation dans la polyarthrite rhumatoïde. Bien que les symptômes articulaires du chikungunya soient d’origine virale, ils présentent des similitudes avec ceux de la polyarthrite, justifiant ainsi la réalisation d’études cliniques spécifiques.

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