Publié le 30 novembre 2025 à 05h04. Une étude menée à Kinshasa, en République démocratique du Congo, révèle que les clubs de jeunes jouent un rôle crucial dans l’amélioration de l’observance du traitement contre le VIH et dans la réduction de sa propagation, tout en apportant un soutien précieux à la santé mentale des jeunes porteurs du virus.
- Près de 80 % des jeunes participant à ces clubs présentent une charge virale indétectable, un chiffre en hausse par rapport à 2019 (71 %).
- Ces clubs offrent un espace sûr et confidentiel où les jeunes peuvent partager leurs expériences, lutter contre la stigmatisation et recevoir un soutien médical et psychologique.
- L’avenir de ces initiatives est menacé par la diminution de l’aide internationale, notamment des programmes américains PEPFAR (Plan d’urgence du Président pour la lutte contre le SIDA) et du Fonds mondial.
Le VIH reste un défi majeur de santé publique en Afrique subsaharienne, étant la deuxième cause de décès chez les jeunes de 10 à 19 ans. Au Congo-Kinshasa, où environ 60 % de la population a moins de 20 ans, la stigmatisation liée au virus constitue un obstacle majeur à l’accès au diagnostic et au traitement.
L’étude anthropologique, réalisée en 2024 par l’unité de recherche LuxOR de Médecins sans frontières (MSF) à Kinshasa, s’est appuyée sur 38 entretiens individuels et six groupes de discussion avec de jeunes vivant avec le VIH. La plupart des participants ont été infectés à la naissance et ont souvent perdu un ou leurs deux parents. Une méthodologie participative, Photovoice, a également été utilisée, permettant aux jeunes de documenter leur quotidien à travers 200 photographies.
Les résultats de l’étude mettent en évidence l’impact positif des clubs de jeunes sur l’observance thérapeutique, la réduction de la charge virale et l’amélioration de la santé mentale. Les jeunes interrogés ont exprimé un sentiment d’isolement moindre et une plus grande confiance en l’avenir grâce à ces espaces de soutien.
« La méthodologie diffère de la recherche traditionnelle en impliquant activement les participants, non seulement dans la collecte des données mais également dans leur analyse. »
Emilia Brazy-Nancy, responsable de la recherche de l’étude
À travers les images prises dans le cadre de Photovoice, les jeunes ont pu exprimer leurs difficultés, mais aussi leurs forces et leur résilience. L’étude a révélé l’importance cruciale du sentiment d’appartenance et du soutien communautaire offert par les clubs, tout en soulignant la persistance de la stigmatisation, même au sein des familles.
MSF propose des soins gratuits contre le VIH à Kinshasa depuis 2002. En 2019, en partenariat avec l’organisation locale Jeunesse Espoir, MSF a lancé quatre clubs de jeunes, accueillant actuellement 132 membres âgés de 12 à 27 ans, dont 60 % sont orphelins. Ces clubs offrent un environnement sécurisé, confidentiel et solidaire, ainsi qu’une éducation sanitaire, un soutien psychologique et une aide à l’observance du traitement antirétroviral.
L’étude souligne la nécessité d’étendre ces initiatives à d’autres régions et à d’autres tranches d’âge. Les membres des clubs pourraient également jouer un rôle essentiel dans la sensibilisation et l’encouragement au dépistage du VIH auprès de leurs pairs. Cependant, la réduction de l’aide internationale met en péril la pérennité de ces programmes. MSF appelle les autorités nationales et les organisations internationales à soutenir durablement des initiatives efficaces et abordables comme les clubs de jeunes, afin de lutter contre le VIH au Congo-Kinshasa.
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Source : Médecins sans frontières
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