Publié le 30 septembre 2025. L’intelligence artificielle générative, initialement présentée comme un outil de productivité, crée un nouveau problème pour les entreprises : une surcharge d’informations superficielles qui entrave le travail et coûte cher. Ce phénomène, baptisé Workslop, menace l’efficacité et le bien-être des employés.
- Une étude conjointe de Harvard Business Review, Stanford et BetterUp révèle que le principal défi n’est plus le manque d’informations, mais l’excès de données de faible valeur.
- 40 % des professionnels américains déclarent avoir reçu du contenu de type Workslop au cours du dernier mois.
- Les entreprises pourraient perdre plus de 9 millions de dollars américains par an en raison du temps perdu à trier et corriger ces informations inutiles.
L’arrivée de l’intelligence artificielle générative, avec des outils comme ChatGPT ou Gemini, était censée simplifier et accélérer le travail. Or, une nouvelle tendance émerge, suscitant l’inquiétude des experts : la prolifération de contenus de qualité médiocre, générés par l’IA, qui alourdissent la charge de travail des employés. Ce phénomène a été baptisé Workslop, un mot-valise combinant les termes anglais work (travail) et slop (déchets).
Selon un rapport de la Harvard Business Review, réalisé en collaboration avec Stanford et BetterUp, le problème n’est plus de manquer d’informations, mais d’être submergé par un flot de données peu pertinentes.
« Ce qui était censé aider entrave désormais le travail »,
Harvard Business Review
explique le rapport.
En apparence, les documents produits par l’IA peuvent sembler soignés et prometteurs. Cependant, à l’ouverture, ils suscitent souvent la perplexité. La première question est alors : « Que veut dire cela ? », avant que le lecteur ne réalise le temps perdu à tenter de comprendre l’objectif réel du document.
Ce problème ne se limite pas à de simples anecdotes de bureau. Une étude menée par le Stanford Social Media Lab et Betterup Labs révèle que 40 % des travailleurs américains ont été confrontés à ce type de contenu au cours du dernier mois. Les chercheurs qualifient cette situation de Workslop.
Contrairement aux craintes initiales concernant le remplacement des humains par des machines, le Workslop marque une nouvelle ère où l’IA est utilisée par les employés pour déléguer leur travail et leur charge cognitive à leurs collègues. Ces documents, bien que visuellement attrayants, manquent de contexte et ajoutent une surcharge cognitive pour ceux qui doivent les examiner.
Chaque cas de Workslop nécessite en moyenne une à deux heures de correction ou de réécriture. Pour une entreprise de 10 000 employés, cela représente un potentiel de perte de plus de 9 millions de dollars américains par an en raison de ces « déchets numériques ».
Cette situation a deux conséquences majeures : une perte de temps pour trier et vérifier les informations, et une diminution de la qualité des décisions, car les données utilisées sont souvent superficielles ou biaisées.
Au-delà de la baisse de productivité, le Workslop engendre également de la fatigue mentale. Les employés se sentent dépassés par la pression de devoir répondre rapidement à un flux constant d’informations, dont la plupart s’avèrent inutiles.
L’enquête de Stanford et Betterup révèle qu’un employé sur trois hésite à collaborer avec des collègues qui envoient fréquemment du contenu de type Workslop. Cela érode la confiance, nuit à la collaboration et affaiblit l’esprit d’équipe.
À lire également : Meta lance Vibes, un réseau social pour le contenu généré par l’IA
Sur le même sujet
