Home SantéLes douleurs à l’estomac sont souvent causées par quelque chose de complètement différent de ce que l’on pense, selon une nouvelle étude

Les douleurs à l’estomac sont souvent causées par quelque chose de complètement différent de ce que l’on pense, selon une nouvelle étude

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 14:35:00. Des recherches récentes suggèrent que les symptômes souvent attribués au gluten pourraient en réalité être causés par d’autres composants présents dans le blé, comme les fructanes, et que l’effet nocebo joue un rôle significatif dans la perception de l’intolérance.

  • Les fructanes, présents dans le blé, les oignons et l’ail, semblent plus souvent à l’origine de ballonnements et d’inconfort que le gluten lui-même.
  • La réduction des FODMAP (Fermentable Oligo-, Di-, Mono-saccharides and Polyols) dans l’alimentation a permis de soulager les symptômes, même en présence de gluten.
  • L’attente de ressentir des effets négatifs après avoir consommé du gluten peut déclencher les mêmes symptômes, un phénomène connu sous le nom d’effet nocebo.

Longtemps pointé du doigt comme responsable de troubles digestifs, le gluten pourrait être innocenté par de nouvelles découvertes scientifiques. Une étude révèle que certains composés présents dans le blé, notamment les fructanes, pourraient être davantage impliqués dans les sensations de ballonnement et d’inconfort que le gluten lui-même. Ces fructanes, des sucres complexes, se trouvent également en quantités importantes dans les oignons et l’ail.

Les chercheurs ont observé que lorsque les participants à l’étude réduisaient leur consommation de FODMAP (Fermentable Oligo-, Di-, Mono-saccharides and Polyols), une famille de glucides fermentescibles, les symptômes disparaissaient, et ce, même lorsque le menu incluait encore du gluten. Cette observation suggère que la sensibilité au gluten pourrait être moins répandue qu’on ne le pense.

« Certaines personnes peuvent être sensibles au gluten, mais nos résultats montrent que c’est plutôt rare. »

Biesiekierski, chercheur en nutrition

Mais l’explication pourrait aller encore plus loin. L’étude met en lumière l’importance de la perception et des attentes dans la manifestation des symptômes. Il semblerait que ce que l’on pense manger puisse avoir autant d’impact que ce que l’on mange réellement.

Des tests ont été menés où les participants recevaient, sans le savoir, des aliments contenant ou non du gluten. Dans ces conditions, les différences entre les groupes étaient quasiment inexistantes. De nombreuses personnes convaincues que le gluten les rendaient malades ressentaient les mêmes symptômes, même lorsqu’elles consommaient un placebo.

« Nous appelons cela l’effet nocebo : le fait de se sentir mal simplement parce qu’on s’y attend. Cela démontre à quel point nos pensées et nos expériences influencent la manière dont le cerveau interprète les signaux provenant de l’intestin. »

Biesiekierski, chercheur en nutrition

Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives sur la compréhension des intolérances alimentaires et soulignent l’importance d’une approche holistique, prenant en compte à la fois les aspects physiologiques et psychologiques.

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