Les Émirats arabes unis affirment de plus en plus leur présence dans la recherche scientifique polaire, un engagement stratégique pour mieux comprendre les enjeux du changement climatique et renforcer leurs capacités nationales. De nouvelles adhésions à des traités internationaux et des collaborations ambitieuses témoignent de cette volonté croissante.
En février 2025, les Émirats arabes unis ont officialisé leur adhésion au système du Traité sur l’Antarctique, par le biais du décret fédéral n° 165 de 2024. Cette adhésion leur permet désormais de participer activement aux réunions consultatives et de proposer des projets de recherche spécifiques, en partenariat avec les agences climatiques internationales.
Parallèlement, le pays a obtenu le statut d’observateur au sein du Conseil de l’Arctique, grâce au décret fédéral n° 164 de 2024. Cette position renforce sa participation aux discussions environnementales concernant le Grand Nord et aux futurs programmes de recherche menés dans cette région.
La coopération scientifique sur le terrain s’intensifie également. Dès février dernier, des experts émiratis en météorologie et en sismologie, en collaboration avec l’Institut bulgare de l’Antarctique, ont déployé deux stations de surveillance de pointe en Antarctique. Ces installations collectent des données atmosphériques et sismiques cruciales pour la recherche.
Cette collaboration s’est poursuivie en novembre, avec la participation d’une équipe scientifique émiratie à la 34e expédition bulgare en Antarctique, pour la deuxième année consécutive. L’équipe travaille depuis les laboratoires émiratis installés sur la base bulgare, développant et améliorant des projets initiés dans le cadre du programme polaire des Émirats arabes unis, lancé en 2024.
Ce programme vise à consolider les compétences nationales en science polaire et à accroître la contribution des Émirats arabes unis à la recherche sur le climat mondial. En 2025, des protocoles d’accord ont été signés avec l’Argentine et la Nouvelle-Zélande, afin de renforcer la coopération en matière de recherche antarctique, d’échanger des savoir-faire universitaires et de soutenir le développement des capacités nationales.
Ces accords mettent l’accent sur la coopération institutionnelle et le partage des meilleures pratiques, dans l’optique d’établir à terme des laboratoires de recherche permanents dans les deux pôles.
L’engagement des Émirats arabes unis se manifeste également à travers des exploits individuels. Fatima Abdulrahman Al Awadhi, une alpiniste émiratie de 18 ans, est devenue ce mois-ci la plus jeune femme arabe à atteindre le sommet du mont Vinson, le point culminant de l’Antarctique.
Cette performance fait suite à l’expédition record d’Ibrahim Sharaf Al Hashemi, qui a réalisé le premier vol circulaire autour de l’Antarctique à l’aide de deux hélicoptères. Ce périple de 19 050 kilomètres, entrepris du 4 décembre 2024 au 17 janvier 2025, a débuté et s’est achevé au camp Union Glacier.
Ces réalisations s’inscrivent dans la continuité de l’exploit d’Abdullah Al-Ahbabi, premier Émirati à avoir accompli le « triplé polaire » – skier sans assistance jusqu’au pôle Nord (en 2018), au pôle Sud (en 2019) et à traverser le Groenland (en mars 2025).