Une énigme numérique secoue les collèges et lycées français : l’expression aléatoire « 6-7 », lancée par un rappeur américain, provoque des rires incontrôlables et perturbe les cours, au point que certaines écoles ont dû l’interdire. Mais d’où vient cette fascination soudaine pour ces deux chiffres ?
À retenir
- L’expression « 6-7 », issue d’une chanson du rappeur Skrilla, est devenue un phénomène viral chez les adolescents, provoquant des réactions euphoriques et des perturbations en classe.
- Certains établissements scolaires ont interdit cette expression, tandis que d’autres tentent de l’intégrer avec humour pour en atténuer l’impact.
- Le succès de « 6-7 » illustre la rapidité avec laquelle les tendances se propagent sur les réseaux sociaux et la capacité des jeunes à créer des codes secrets.
Contexte
Tout a commencé lorsque Jennifer Trujillo, une enseignante de collège, a entendu ses élèves s’exclamer « 6-7 » en classe, accompagnés de gestes amples et de fous rires. Intriguée, elle a interrogé sa fille de 15 ans, qui n’a pu lui fournir d’explication claire. Rapidement, elle a découvert que ce phénomène était largement répandu chez les jeunes.
L’origine de cette expression remonte à une chanson intitulée « Doot Doot (6 7) » du rappeur de Philadelphie, Skrilla, de son vrai nom Jemille Edwards. Selon ses propres dires, il n’avait pas attribué de signification particulière à cette phrase lorsqu’il l’a écrite. Publiée fin 2024, la chanson a vu son refrain exploser sur les réseaux sociaux quelques mois plus tard.
« 6 7 !!!! Continuez comme ça, gardez le positif et rappelez-vous d’où vient cette énergie », a écrit Skrilla sur les réseaux sociaux, exprimant sa surprise et sa joie face à l’engouement suscité par sa chanson.
Ce qui change
L’expression « 6-7 » est devenue un véritable perturbateur en classe. Les rires et les exclamations incessantes ont contraint certains enseignants à prendre des mesures disciplinaires, voire à interdire purement et simplement l’expression. Carlos Ochoa, directeur d’une école intermédiaire à West Covina, a constaté que certains de ses professeurs étaient exaspérés par cette tendance, mais la plupart ont choisi d’adopter une approche plus souple, en laissant leurs élèves s’exprimer ou en participant eux-mêmes, dans l’espoir de désamorcer le phénomène.
Le phénomène a même dépassé les murs de l’école, apparaissant dans des séries télévisées populaires comme « Abbott Elementary » et « South Park ». Des vidéos virales montrent des adolescents en train de prononcer « 6-7 » dans des situations inattendues, comme lors d’une commande chez In-N-Out.
Karen North, professeure de médias sociaux et de psychologie à l’USC, explique que la longévité de cette tendance est inhabituelle, car elle a pris de l’ampleur grâce aux réseaux sociaux, bien après la sortie initiale de la chanson. Elle souligne également que les adolescents apprécient particulièrement de voir les adultes réagir à leurs codes secrets.
Prochaines étapes
Il est difficile de prédire si la tendance « 6-7 » va s’estomper rapidement, comme d’autres phénomènes viraux du passé (à l’instar du « skibidi »), ou si elle va perdurer. Les enseignants et les parents restent vigilants, tout en reconnaissant que chaque génération a ses propres codes et expressions.
Skrilla se produira au Summerfest 2025 au Henry Maier Festival Park à Milwaukee le 27 juin.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Année de sortie de la chanson « Doot Doot (6 7) » | 2024 |
Sources
Wall Street Journal
Sur le même sujet
