Home MondeLes États-Unis affirment qu’ils dicteront les décisions et les ventes de pétrole au Venezuela

Les États-Unis affirment qu’ils dicteront les décisions et les ventes de pétrole au Venezuela

by Clara Dubois

Publié le 8 janvier 2026 à 05h48. Après une opération militaire audacieuse qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro, l’administration Trump affirme vouloir exercer un contrôle direct et prolongé sur les ressources pétrolières du Venezuela, suscitant des réactions vives à Caracas et dans la région.

  • Les États-Unis entendent dicter les décisions aux autorités intérimaires vénézuéliennes et contrôler « indéfiniment » les ventes de pétrole du pays.
  • Au moins 100 personnes auraient été tuées lors de l’opération américaine, selon les autorités vénézuéliennes, qui font également état de blessés parmi les proches de Maduro.
  • Washington envisage un accord commercial où le Venezuela vendrait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole aux États-Unis en échange de produits américains.

L’administration du président Donald Trump a annoncé son intention de prendre les rênes du Venezuela après l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse, accusés de trafic de drogue. Samedi dernier, une opération des forces spéciales américaines a permis de capturer le couple, qui a été transféré à New York pour y être jugé. Cette action, présentée par M. Trump comme l’application de la doctrine Monroe, visant à affirmer la domination américaine sur son « arrière-cour », a provoqué une onde de choc à travers l’Amérique latine.

Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, a affirmé que les États-Unis disposent désormais d’une « influence maximale » sur les autorités intérimaires vénézuéliennes. Elle a précisé que les décisions de ces autorités « continueront d’être dictées par les États-Unis d’Amérique ». M. Trump a lui-même déclaré que son pays « dirigerait » le Venezuela, pays détenant les plus importantes réserves prouvées de pétrole au monde.

Malgré l’absence de troupes américaines sur le terrain, Washington semble miser sur un blocus naval et la menace d’une intervention militaire accrue pour assurer la coopération des autorités intérimaires. Parallèlement, des négociations commerciales sont en cours, avec un accord potentiel où le Venezuela vendrait entre 30 et 50 millions de barils de pétrole (environ 4,7 à 7,9 millions de mètres cubes) aux États-Unis. En contrepartie, le Venezuela ne pourrait acquérir que des produits fabriqués aux États-Unis, en utilisant les revenus générés par ces ventes de pétrole. Cela inclurait des produits agricoles, des machines, du matériel médical et des équipements énergétiques.

La réaction de Caracas n’a pas tardé. Delcy Rodríguez, la dirigeante désignée par Maduro, a dénoncé une « tache » dans les relations avec les États-Unis, affirmant qu’aucune puissance étrangère ne devrait gouverner le Venezuela. Elle a également annoncé qu’au moins 100 personnes ont été tuées et un nombre similaire blessées lors de l’opération américaine. Le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a précisé que M. Maduro et son épouse Cilia Flores figuraient parmi les blessés, bien qu’ils aient été vus se tenant debout lors d’une comparution devant un tribunal new-yorkais.

La Havane a également fait état de pertes, signalant la mort de 32 militaires cubains, qui assuraient la sécurité de M. Maduro, comme le faisait son prédécesseur Hugo Chávez.

L’administration Trump a pour l’instant privilégié la nomination de Mme Rodríguez, écartant d’autres figures de l’opposition, dont Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix. Le secrétaire d’État Marco Rubio a insisté sur le fait que les États-Unis ne se contentaient pas de « donner des ailes » aux autorités intérimaires, après avoir rencontré des élus américains critiques à l’égard de la planification post-Maduro. Selon M. Rubio, une deuxième phase de « reprise » permettrait aux entreprises américaines et occidentales d’accéder au marché vénézuélien, tout en lançant un « processus de réconciliation nationale ».

La compagnie pétrolière nationale vénézuélienne a confirmé être en discussion avec les États-Unis concernant la vente de pétrole, dans le cadre des accords commerciaux existants. Cependant, le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, a souligné que Washington envisage un contrôle à plus long terme : « Nous allons commercialiser le brut vénézuélien, d’abord avec le pétrole stocké, puis indéfiniment, à l’avenir, nous vendrons la production vénézuélienne. »

M. Trump prévoit de rencontrer demain des dirigeants de compagnies pétrolières américaines, qu’il espère voir investir dans les infrastructures pétrolières vénézuéliennes délabrées. Bien qu’aucune entreprise n’ait encore pris d’engagement formel dans le contexte actuel, Karoline Leavitt a qualifié cette réunion d’occasion de discuter d’une « immense opportunité ».

Par ailleurs, M. Trump a invité le président colombien de gauche, Gustavo Petro, à se rendre à la Maison Blanche « dans un avenir proche », après un premier appel téléphonique entre les deux dirigeants. Washington a également renforcé sa pression sur le Venezuela en saisissant deux pétroliers, dont un navire lié à la Russie, qu’il a intercepté en pleine mer. Moscou a condamné cette opération, mais Mme Leavitt a justifié la saisie en affirmant que le pétrolier avait été déclaré « apatride » après avoir navigué sous pavillon frauduleux.

You may also like

Leave a Comment