Publié le 3 janvier 2024 à 18h00. Dans une opération surprise, les États-Unis ont annoncé avoir mené une attaque militaire au Venezuela et arrêté son président, Nicolás Maduro, ravivant les tensions en Amérique latine et soulevant des questions sur la légalité de cette intervention.
- L’administration américaine affirme avoir capturé le président vénézuélien Nicolás Maduro dans le cadre d’une opération contre le trafic de drogue et la remise en question de la légitimité de son régime.
- Il s’agit de la première intervention militaire directe des États-Unis en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989.
- Plusieurs explosions ont été signalées dans la capitale vénézuélienne, Caracas, et des États voisins, entraînant des coupures de courant et une déclaration d’état d’urgence nationale par le gouvernement Maduro.
L’annonce, faite par le président Trump sur son réseau social, a pris la communauté internationale par surprise. Selon Washington, l’opération a été menée « en coordination avec les forces de l’ordre américaines » et les détails seront révélés lors d’une conférence de presse prévue à Mar-a-Lago, en Floride. Des responsables américains affirment que les forces spéciales ont arrêté Nicolás Maduro et son épouse.
Le Venezuela n’a pas confirmé officiellement la détention ou le départ de son président. Le ministre de la Défense vénézuélien, Vladimir Padrino, a toutefois rejeté toute présence de forces militaires étrangères dans une vidéo diffusée par les médias d’État, appelant la population à l’unité. « En tant que pays libre, indépendant et souverain, le Venezuela rejette la présence de forces militaires étrangères », a-t-il déclaré.
De la fumée s’élève d’une explosion à Caracas, au Venezuela, le 3 janvier. D’après des images obtenues par Reuters. REUTERS
Les États-Unis accusent Maduro de diriger un « État narco-terroriste » et d’avoir truqué les élections, des allégations rejetées par le gouvernement vénézuélien. Maduro, au pouvoir depuis 2013 après avoir succédé à Hugo Chávez, dénonce une volonté américaine de s’emparer des ressources pétrolières du pays. Selon le gouvernement vénézuélien, l’objectif de l’attaque est de prendre le contrôle de son pétrole et de ses minerais, ce qu’il juge « vain ».
Des témoins oculaires et des publications sur les réseaux sociaux font état d’explosions et de bruits d’avions à Caracas à partir de 2 heures du matin heure locale (06h00 GMT, 15h00 heure du Japon), pendant environ 90 minutes. Des coupures de courant ont été signalées dans le sud de la capitale et dans les États de Miranda, Aragua et La Guaira.
L’opération américaine a suscité des réactions contrastées en Amérique latine. Si certains pays se sont opposés à Maduro, accusé de fraude électorale, l’intervention directe des États-Unis rappelle des interventions passées et suscite une forte résistance. Le parti d’opposition vénézuélien, dirigé par María Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix, n’a pas encore publié de communiqué officiel sur l’incident.
Les alliés du Venezuela, Cuba et l’Iran, ont fermement condamné l’attaque. L’Iran a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’« invasion illégale », une « violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale ».
Les États-Unis mènent depuis des mois des opérations contre des navires vénézuéliens soupçonnés de transporter de la drogue, et ont annoncé fin décembre avoir attaqué des bases vénézuéliennes utilisées pour le chargement de stupéfiants. En 2020, des procureurs américains avaient inculpé Maduro pour terrorisme lié au trafic de drogue, des accusations que le gouvernement vénézuélien a niées. Le procureur général américain a déclaré sur X que Maduro « fera bientôt face à la justice américaine devant les tribunaux américains ».
La base légale de cette attaque américaine reste floue. Des experts juridiques ont déjà soulevé des questions quant à la légalité des frappes contre des navires de trafic de drogue, qui auraient fait plus de 110 morts.
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