Washington intensifie sa pression sur le Venezuela en visant une quarantaine de pétroliers supplémentaires soupçonnés de contourner les sanctions américaines. Cette offensive s’inscrit dans la stratégie du président Donald Trump de prendre le contrôle des ressources pétrolières vénézuéliennes, suscitant des critiques quant à l’application extraterritoriale du droit américain.
L’administration américaine a discrètement demandé aux tribunaux de district de Washington DC de délivrer des mandats de saisie pour ces navires, accusés de transporter du pétrole vénézuélien, mais aussi iranien et russe, en violation des sanctions imposées. Plusieurs sources proches du dossier ont confirmé à Reuters que cette action vise à renforcer le contrôle de Washington sur les exportations pétrolières du pays sud-américain.
Ces dernières semaines, l’armée américaine et les garde-côtes ont déjà intercepté cinq pétroliers en eaux internationales, dont le Marinera, naviguant sous pavillon russe, au nord-ouest de l’Écosse. Le ministère russe des Affaires étrangères a fermement condamné cette saisie, la qualifiant de violation de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui garantit la liberté de navigation.
Le ministère russe des Transports a précisé que le Marinera opérait sous pavillon russe temporaire, « conformément au droit russe et international » au moment de son interception. Par ailleurs, un rapport de la BBC suggère que le gouvernement britannique étudie également les bases juridiques pour arrêter des pétroliers liés à la Russie.
Cette initiative juridique s’inscrit dans la continuité de l’objectif affiché par le président Trump de contrôler les ressources pétrolières du Venezuela. La Maison Blanche justifie ses actions en affirmant qu’elles sont nécessaires pour reconstruire l’industrie vénézuélienne au profit de sa population. Cependant, les détracteurs dénoncent une application sans précédent de la loi américaine et de sanctions unilatérales.
Le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, avait déclaré la semaine dernière que les États-Unis allaient « traquer et interdire TOUS les navires de la flotte noire transportant du pétrole vénézuélien au moment et à l’endroit de notre choix ». L’opération Southern Spear, menée par le Commandement Sud des États-Unis, a été citée comme un exemple de la capacité militaire américaine à mener ce type d’opération.
Depuis l’escalade du conflit en Ukraine en 2022, les gouvernements occidentaux ont imposé des sanctions sévères à la Russie, ciblant notamment son commerce pétrolier et sa « flotte fantôme ». Londres a ainsi imposé des sanctions à plus de 500 navires.
À ne pas manquer
