Publié le 2025-12-03 05:05:00. L’Amérique latine connaît un basculement politique majeur, avec une vague de gouvernements de droite qui s’éloignent des alliances traditionnelles avec le Venezuela de Nicolás Maduro, alors que Washington intensifie la pression sur Caracas. Cette évolution s’accompagne d’une présence militaire américaine accrue dans la région.
- Une série d’élections récentes ont vu des opposants au chavisme accéder au pouvoir en Bolivie, au Honduras et à Saint-Vincent-et-les-Grenadines.
- Les États-Unis ont déployé une importante force militaire dans les Caraïbes, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue, mais perçue comme une démonstration de force envers le Venezuela.
- Des pays traditionnellement alliés de Maduro, comme la Colombie et le Brésil, adoptent une position plus distante, privilégiant leurs propres intérêts nationaux.
L’équilibre des forces en Amérique latine est en train de se redéfinir. Après des années de domination de gouvernements de gauche, souvent solidaires du régime de Nicolás Maduro, une nouvelle dynamique émerge, marquée par l’ascension de dirigeants de droite et de centre-droit. Ce changement s’observe à travers une série d’élections récentes qui ont modifié la carte politique de la région.
Le dernier exemple en date est la victoire de Godwin Friday aux élections de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, mettant fin à 24 ans de règne de Ralph Gonsalves, un allié de longue date du chavisme. Gonsalves avait activement promu des initiatives de dialogue en faveur du Venezuela, tout en bénéficiant de ressources économiques significatives grâce au pétrole vénézuélien.
En Bolivie, l’élection de Rodrigo Paz met fin à deux décennies de gouvernements socialistes, débutées avec Evo Morales et poursuivies par Luis Arce, qui avaient tous deux défendu Maduro et son régime. Au Honduras, la succession de Xiomara Castro n’a pas permis à son parti de conserver le pouvoir, laissant le champ libre à des candidats opposés à Maduro, Salvador Nasralla et Nasry Asfura.
Cette évolution s’accompagne d’une prise de distance progressive de certains pays traditionnellement alliés de Maduro. La Colombie, sous la présidence de Gustavo Petro, a récemment affiché une attitude plus prudente, tout en critiquant le déploiement militaire américain et les menaces proférées par Donald Trump.
« Je ne soutiens pas Maduro ; je veux une solution politique et pacifique au Venezuela, mais je ne soutiens pas une invasion »,
Gustavo Petro, président de la Colombie
Le Brésil et le Mexique, bien que conservant des liens avec Caracas, adoptent également une position plus distante, concentrés sur leurs propres priorités nationales, notamment face à la politique commerciale agressive de l’administration Trump.
Parallèlement, les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans les Caraïbes, déployant des navires de guerre, 15 000 soldats et une centaine d’avions. Washington justifie cette présence par la lutte contre le trafic de drogue, affirmant que les opérations menées ont déjà conduit à la destruction de plus de 21 bateaux suspectés et à la mort de plus de 80 personnes. Cependant, l’administration Trump a également laissé entendre qu’elle envisageait des actions plus directes contre le Venezuela, allant jusqu’à évoquer la possibilité d’attaques terrestres pour cibler les structures du trafic de drogue.
Ces déclarations, bien que non étayées par un soutien juridique clair, témoignent de la volonté de Washington de changer de régime à Caracas. La situation est d’autant plus préoccupante que des puissances comme la Chine et la Russie continuent de soutenir Maduro, motivées par des intérêts stratégiques, notamment l’accès aux vastes réserves pétrolières du Venezuela et la volonté de contester l’hégémonie américaine dans la région.
L’instabilité vénézuélienne a également des conséquences humanitaires importantes, avec une migration massive de Vénézuéliens vers les pays voisins, exerçant une pression considérable sur leurs ressources et leurs infrastructures.
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