Publié le 24 septembre 2025 18h32. Les tensions entre les États-Unis et le Venezuela s’intensifient après la saisie d’un pétrolier par les forces américaines au large des côtes vénézuéliennes, une action que Caracas dénonce comme un acte de piraterie. Washington justifie cette intervention par la lutte contre le narcoterrorisme et la volonté de couper les sources de financement du régime de Nicolás Maduro.
- Un pétrolier saisi par les États-Unis sera acheminé vers un port américain, et son chargement de pétrole sera confisqué.
- L’administration Trump accuse le gouvernement Maduro de diriger un cartel de la drogue et a imposé de nouvelles sanctions contre des proches du dirigeant vénézuélien.
- L’ONU a exprimé son inquiétude face à l’escalade des tensions et appelle à la retenue de toutes les parties.
L’opération, menée par des forces spéciales américaines descendant d’un hélicoptère sur le navire, a été qualifiée de “vol flagrant” par le ministère vénézuélien des Affaires étrangères. Selon Washington, le pétrolier était impliqué dans un “réseau de transport de pétrole illicite” destiné à contourner les sanctions américaines. La secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que l’opération visait à déstabiliser le “régime” de Nicolás Maduro.
La secrétaire de presse de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré aux journalistes :
« Nous n’allons pas rester les bras croisés et regarder des navires sanctionnés naviguer sur les mers avec du pétrole du marché noir, dont les profits alimenteront le narcoterrorisme des régimes voyous et illégitimes à travers le monde. »
L’administration du président Donald Trump exerce une pression croissante sur le Venezuela depuis des mois, notamment par un renforcement de la présence navale dans la région et des opérations contre les trafiquants de drogue qui ont fait près de 90 morts. Des sources proches du dossier indiquent que les États-Unis se préparent à intercepter d’autres navires transportant du pétrole vénézuélien. Le Trésor américain a également annoncé de nouvelles sanctions visant trois collaborateurs de M. Maduro ainsi que six pétroliers.
Le président russe Vladimir Poutine a exprimé son soutien à M. Maduro lors d’un appel téléphonique, mais sa capacité à fournir une aide significative est limitée en raison de l’engagement militaire de la Russie en Ukraine.
L’opération a suscité des inquiétudes quant à une possible escalade du conflit. Dick Durbin, le plus haut responsable démocrate de la commission judiciaire du Sénat, a remis en question la légalité de la saisie du pétrolier et a souligné que tout acte de guerre nécessiterait l’approbation du Congrès :
« Ce président se prépare à une invasion du Venezuela. Et si le peuple américain était favorable à cela, je serais surpris. »
Washington accuse M. Maduro de diriger le soi-disant “Cartel des Soleils”, qu’il a qualifié d’organisation “narcoterroriste” et pour lequel il a offert une récompense de 50 millions de dollars pour toute information menant à sa capture. M. Trump a déclaré lundi à Politico que “les jours de M. Maduro sont comptés” et n’a pas exclu une intervention militaire américaine au Venezuela. L’administration Trump conteste la légitimité du pouvoir de M. Maduro, estimant qu’il a truqué les élections de juillet 2024. M. Maduro, quant à lui, accuse les États-Unis de chercher à renverser son gouvernement afin de s’emparer des vastes réserves pétrolières du Venezuela.
Une vidéo diffusée par la procureure générale américaine, Pam Bondi montre les forces américaines prenant le contrôle du pétrolier.
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé à la retenue de toutes les parties, soulignant la nécessité d’éviter toute action susceptible d’aggraver les tensions et de déstabiliser la région.
