Home MondeLes États-Unis soutiennent le Japon dans le différend avec la Chine concernant un incident radar alors que les tensions s’intensifient

Les États-Unis soutiennent le Japon dans le différend avec la Chine concernant un incident radar alors que les tensions s’intensifient

by Clara Dubois

Publié le 10 décembre 2025 14h47. Les tensions s’intensifient en Asie de l’Est après un incident impliquant des radars chinois pointés sur des avions militaires japonais, ravivant les inquiétudes régionales et suscitant des réactions de Washington et de Canberra.

  • Les États-Unis ont fermement critiqué la Chine suite à cet incident survenu près d’Okinawa.
  • Tokyo et Pékin présentent des versions divergentes des faits, exacerbant les tensions diplomatiques.
  • L’incident intervient dans un contexte de vives tensions autour de Taïwan, après des déclarations controversées du Premier ministre japonais.

Washington a exprimé son soutien indéfectible à son allié japonais, qualifiant les actions de la Chine de déstabilisatrices pour la paix et la sécurité régionales. Un porte-parole du Département d’État a déclaré que « l’alliance américano-japonaise est plus forte et plus unie que jamais » et que l’engagement envers Tokyo reste « inébranlable ». Le secrétaire en chef du cabinet japonais, Minoru Kihara, a salué ces déclarations, soulignant la solidité de l’alliance entre les deux pays.

L’incident, survenu la semaine dernière, a vu des avions de combat chinois verrouiller leurs radars sur des appareils japonais lors d’un exercice d’entraînement. Cette manœuvre, considérée comme une mesure potentiellement agressive, peut forcer les avions ciblés à effectuer des manœuvres d’évitement. Tokyo a qualifié ces actions de « dangereuses ».

Pékin a défendu ses exercices militaires, affirmant qu’ils étaient conformes au droit international et menés avec prudence. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré : « Nous espérons que la communauté internationale pourra distinguer le bien du mal et ne pas se laisser tromper par la partie japonaise. Les alliés du Japon, en particulier, devraient accroître leur vigilance et ne pas se laisser manipuler par le Japon. »

L’Australie a également appelé au calme après l’incident du week-end. Plus d’informations sur la réaction australienne.

Cet incident intervient après que le Premier ministre japonais, Sanae Takaichi, a suggéré que toute attaque chinoise contre Taïwan pourrait être considérée comme une menace existentielle pour le Japon, déclenchant une potentielle réponse militaire. Pékin revendique Taïwan comme une province renégate et n’exclut pas l’usage de la force pour en prendre le contrôle. L’île, située à environ 100 km du territoire japonais, est cruciale pour les voies maritimes dont dépend le Japon.

Mercredi, les garde-côtes japonais ont rapporté avoir repéré quatre navires des garde-côtes chinois dans des eaux qu’ils considèrent comme leur territoire près des îles Senkaku (Diaoyu pour la Chine), les forçant à quitter la zone. Les deux parties ont présenté des récits contradictoires de cet affrontement.

Le président taïwanais, Lai Ching-te, a qualifié les exercices chinois de « comportement très inapproprié » et a appelé la Chine à assumer ses responsabilités en tant que grande puissance.

« La paix n’a pas de prix ; la guerre n’a pas de gagnant. La paix doit être encouragée par toutes les parties, et la Chine partage cette responsabilité. »

Lai Ching-te, président taïwanais

Les relations entre la Chine et le Japon se sont considérablement détériorées depuis les déclarations de Mme Takaichi sur Taïwan. Pékin a demandé à Tokyo de revenir sur ses propos et a déconseillé à ses citoyens de se rendre au Japon.

L’ambassadeur américain au Japon, George Glass, a publiquement manifesté son soutien à Tokyo sur les réseaux sociaux. Cependant, l’ancien président Donald Trump et d’autres responsables américains de haut rang sont restés silencieux à ce sujet. Des sources proches du dossier indiquent que M. Trump, qui prévoit de se rendre à Pékin l’année prochaine pour des négociations commerciales, a exhorté le Premier ministre japonais à ne pas aggraver le différend lors d’un appel téléphonique le mois dernier.

Reuters

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