Publié le 11 décembre 2025 à 05h18. Les États-Unis ont arraisonné un pétrolier au large des côtes vénézuéliennes, intensifiant la pression sur le régime de Nicolás Maduro dans le cadre d’une lutte accrue contre les cartels de la drogue et une volonté de couper les sources de revenus du gouvernement.
- Un important pétrolier, le Skipper, suspecté de transporter du pétrole brut vénézuélien et iranien sous le coup de sanctions, a été intercepté par les forces américaines.
- L’administration Trump accuse le Venezuela de contourner les sanctions en exportant massivement son pétrole vers la Chine, représentant environ 80 % de ses exportations totales.
- Cet incident s’inscrit dans une escalade de tensions entre les États-Unis et le Venezuela, avec des menaces voilées d’intervention militaire et une rhétorique accusatrice envers Maduro.
L’arrestation du pétrolier, survenue le 10 décembre, marque une nouvelle étape dans la stratégie américaine visant à isoler économiquement et politiquement le régime de Nicolás Maduro. Washington considère Maduro comme un chef de cartel de la drogue et a déployé un important dispositif militaire dans les Caraïbes, incluant un groupe d’attaque de porte-avions à propulsion nucléaire. Selon CBS News, l’opération d’arraisonnement a impliqué deux hélicoptères lancés depuis le porte-avions Gerald Ford, ainsi que des gardes-côtes et des Marines.
Le pétrolier, le Skipper, transportait du pétrole brut pour PDVSA, la compagnie pétrolière publique vénézuélienne, et se dirigeait vers l’Asie via Cuba. Le Venezuela, qui possède les plus importantes réserves de pétrole brut au monde, dépend fortement de ses revenus pétroliers. Depuis 2017, et l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis ont interdit l’importation de pétrole vénézuélien et gelé ses avoirs, forçant le pays à se tourner vers d’autres marchés, notamment la Chine.
Le gouvernement vénézuélien a immédiatement dénoncé cet acte comme un « acte flagrant de vol et de piraterie internationale » et a annoncé son intention de saisir les organisations internationales. Dans une interview accordée à Politico, le président Trump a affirmé que « ses jours sont comptés » en référence à Maduro, laissant entendre que le régime vénézuélien est sur le point de s’effondrer.
« Nous venons d’arrêter un pétrolier au large des côtes du Venezuela. C’est le plus gros pétrolier que nous ayons jamais arraisonné. »
Donald Trump, Président des États-Unis
La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a déclaré sur X (anciennement Twitter) que le pétrolier était utilisé pour transporter du pétrole brut sanctionné en provenance du Venezuela et de l’Iran. Son message était accompagné d’une vidéo de l’opération d’arraisonnement.
Parallèlement, la Chine a annoncé qu’elle continuerait à fournir un soutien au développement aux pays d’Amérique latine et des Caraïbes sans conditions politiques, selon le South China Morning Post. Cette annonce intervient alors que les tensions montent dans la région et que l’influence chinoise s’étend.
Les États-Unis ont jusqu’à présent tué 87 personnes et détruit 23 navires soupçonnés d’être impliqués dans le trafic de drogue. Le déploiement d’environ 15 000 militaires américains, incluant un groupe d’assaut et un sous-marin à propulsion nucléaire, laisse présager une possible escalade du conflit.
