Publié le 10 novembre 2023. Alors que l’hiver approche et les jours raccourcissent, la question du taux de vitamine D et de l’exposition solaire nécessaire à notre organisme est sur toutes les lèvres. Experts et dermatologues s’accordent : quelques minutes de soleil quotidiennement peuvent suffire, mais la quantité exacte varie selon plusieurs facteurs.
- La lumière du soleil est essentielle à la production de vitamine D, cruciale pour la santé des os et le système immunitaire.
- L’exposition solaire nécessaire varie en fonction de la région, de la saison, du type de peau et des circonstances individuelles.
- Les compléments alimentaires en vitamine D ne sont pas toujours indispensables, mais un suivi médical est recommandé en cas de carence avérée.
La lumière du soleil est bien plus qu’une source de plaisir : elle est vitale pour notre santé. Elle soutient les processus biologiques essentiels et contribue à notre bien-être général. Son rôle principal réside dans la stimulation de la production de vitamine D, un élément indispensable au maintien de la santé osseuse et au bon fonctionnement du système immunitaire. Contrairement à certaines idées reçues, il n’est pas nécessaire de passer des heures au soleil, comme le font certains pendant les vacances.
Selon le professeur Dirk Schadendorf, chef du département de dermatologie du centre médical universitaire d’Essen,
« Quelques minutes de bronzage par jour suffisent généralement pour garantir un apport suffisant en vitamine D. »
Dirk Schadendorf, chef du département de dermatologie
Cependant, il souligne qu’il est difficile d’établir une recommandation universelle. La quantité de lumière directe du soleil nécessaire varie considérablement en fonction de la localisation géographique, de la période de l’année, du type de peau et des caractéristiques propres à chaque individu. En règle générale, une exposition quotidienne de dix à trente minutes, de préférence tôt le matin ou en fin d’après-midi lorsque les rayons sont moins intenses, est conseillée.
Pour une production optimale de vitamine D, il est important que les rayons solaires atteignent des surfaces cutanées étendues, telles que les bras, les jambes et le visage. Bien que le ventre et les fesses puissent également être exposés, cela s’avère moins pratique, surtout en hiver. La formation de vitamine D n’est pas significativement affectée par l’utilisation de crème solaire, bien que les études à ce sujet soient parfois contradictoires, selon la dermatologue Yael Adler.
L’inquiétude d’une carence en vitamine D pendant l’hiver est souvent exagérée. Helmut Schatz, de la Société allemande d’endocrinologie, rassure :
« Bien sûr, la synthèse de vitamine D est réduite en hiver en raison du faible rayonnement UVB, mais une personne en bonne santé qui profite régulièrement du soleil en été stocke suffisamment de vitamine D pour passer l’hiver. »
Helmut Schatz, Société allemande d’endocrinologie
Le professeur Schatz tempère également l’engouement pour la supplémentation en vitamine D. Pour les adultes en bonne santé qui ne s’abritent pas complètement du soleil, il estime qu’il n’est généralement pas nécessaire de recourir à des pilules ou autres compléments alimentaires.
« Même si un bilan révèle un taux de vitamine D considéré comme “faible”, il ne s’agit généralement pas d’une véritable carence. »
Helmut Schatz, Société allemande d’endocrinologie
Il insiste sur la nécessité d’analyser attentivement les résultats des analyses et de prendre en compte les intérêts économiques des laboratoires et de l’industrie pharmaceutique.
Cependant, la dermatologue Yael Adler souligne l’importance de surveiller son taux de vitamine D.
« Il est plus sûr pour la peau, en termes de prévention du cancer de la peau et du vieillissement cutané, de faire mesurer son taux sanguin de vitamine D et, en cas de carence, de recourir à une supplémentation pour atteindre les 30 à 50 nanogrammes par millilitre souhaités. »
Yael Adler, dermatologue
Cette approche est plus précise et évite les risques liés à une surexposition au soleil.
Tous les experts s’accordent sur un point : il est crucial d’éviter une exposition excessive au soleil et de se protéger efficacement, par exemple avec des vêtements appropriés et de la crème solaire, afin de minimiser les risques de lésions cutanées et de cancer de la peau.
Outre ses effets bénéfiques, une trop grande quantité de rayons UV peut causer des dommages importants, tels que les coups de soleil – une inflammation de la peau. Le dermatologue munichois, le Dr Christoph Liebich, explique :
« Il s’agit d’un processus dommageable, d’une réaction de défense aiguë de l’organisme. »
Dr Christoph Liebich, dermatologue
Les dommages causés par les rayons UV s’accumulent au fil du temps et sont irréparables. Les coups de soleil peuvent donc être considérés comme une exploitation excessive de son propre corps. L’objectif premier doit être de les éviter.
Jochen Sven Utikal, chef de l’unité de coopération clinique en dermato-oncologie au Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) à Heidelberg et au Centre médical universitaire de Mannheim, nuance :
« Je ne veux pas diaboliser la lumière UV. Un bronzage subtil – ou devrions-nous dire une pâleur – est acceptable. »
Jochen Sven Utikal, chef de l’unité de coopération clinique en dermato-oncologie
Enfin, il est important de rappeler que la lumière UV, en plus de stimuler la production de vitamine D, possède d’autres propriétés positives : elle contribue au bien-être en régulant les hormones et peut même soulager les symptômes de certaines maladies inflammatoires de la peau, comme le psoriasis. « Les extrêmes sont toujours mauvais », conclut Utikal. « Il faut trouver un équilibre sain face au soleil. »
Cet article a été publié pour la première fois en juin 2023.
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