Home NouvellesLes experts mettent en garde contre un possible « choc » provoqué par la réduction d’impôts de Kast : « Le faire en 18 mois est un risque » | Économie

Les experts mettent en garde contre un possible « choc » provoqué par la réduction d’impôts de Kast : « Le faire en 18 mois est un risque » | Économie

by Nicolas Lefèvre

Publié le 29 décembre 2025 à 15h29. L’équipe économique du président élu José Antonio Kast se prépare à mettre en œuvre une réduction ambitieuse des dépenses publiques, mais des économistes mettent en garde contre les risques d’un ajustement trop rapide et appellent à une évaluation précise de la situation financière actuelle.

  • José Antonio Kast avait promis de réduire les dépenses publiques de 6 milliards de dollars américains (environ 5,5 milliards d’euros) en 18 mois.
  • Les économistes soulignent la nécessité d’un audit budgétaire rigoureux pour déterminer l’ampleur réelle du déficit hérité de l’administration précédente.
  • Un délai de 18 mois pour réaliser ces coupes budgétaires pourrait freiner la croissance économique et affecter les programmes sociaux.

La proposition de réduction des dépenses publiques de 6 milliards de dollars américains, un engagement de campagne majeur de José Antonio Kast, suscite de vives réactions dans le milieu économique chilien. Les experts insistent sur l’importance d’une analyse approfondie de la situation budgétaire avant de se lancer dans un ajustement aussi important.

Bettina Horst, économiste et directrice de Liberté et Développement (LyD), a mis en garde contre la fixation d’un objectif chiffré sans connaître l’état réel des finances publiques. Dans un entretien accordé à Le Troisième, elle a souligné qu’il serait imprudent de s’engager dans une réduction des dépenses sans avoir une vision claire du déficit budgétaire laissé par le gouvernement sortant, d’autant plus que ce dernier pourrait être plus important que prévu en 2025.

Horst estime que le coût budgétaire lié au réajustement du secteur public pourrait s’élever à 1,5 milliard de dollars américains, ce qui impliquerait un déficit hérité plus conséquent et la nécessité d’une révision budgétaire.

L’économiste évoque également des mesures potentielles telles que le contrôle des licences médicales, une surveillance accrue du système de transport Transantiago et des ajustements dans les programmes sociaux, notamment dans le domaine du logement.

Alejandro Urzúa, économiste à l’Université Andrés Bello (UNAB), estime qu’une réduction des impôts pourrait être envisageable dans un délai de 18 mois, mais il prévient qu’elle aurait des conséquences sur les prestations sociales. Il recommande d’élargir l’horizon temporel et de réaliser un audit budgétaire rigoureux.

« Il n’est pas prudent de s’armer d’un chiffre fixe sans connaître clairement le véritable ‘trou budgétaire’ laissé par le gouvernement sortant. Il faut d’abord un audit budgétaire rigoureux qui nous permette d’évaluer le point de départ et, évidemment, de définir à partir de là l’ampleur et le rythme de l’ajustement. »

Alejandro Urzúa, économiste à l’Université Andrés Bello (UNAB)

César Valencia, analyste économique, insiste sur l’importance de connaître la dette structurelle du pays, car elle pourrait compromettre la viabilité de la réduction de 6 milliards de dollars américains. Il souligne la nécessité d’examiner les dépenses engagées pour l’année prochaine et de vérifier la convergence avec la règle de l’équilibre structurel.

Carlos Smith, économiste à l’Universidad del Desarrollo (UDD), met en garde contre le délai de 18 mois, qu’il juge insuffisant compte tenu de la rigidité contractuelle de l’État. Il craint que cette réduction rapide des dépenses publiques n’entraîne une contraction de la demande intérieure et un ralentissement de la croissance économique.

« Une réduction drastique des dépenses publiques dans un court laps de temps peut entraîner une contraction de la demande intérieure et une croissance économique lente, juste au moment où nous cherchons à relancer le pays. »

Carlos Smith, économiste à l’Universidad del Desarrollo (UDD)

Malgré ces incertitudes, le gouvernement de José Antonio Kast devrait prendre ses fonctions dans un contexte d’inflation maîtrisée, selon le dernier rapport de politique monétaire de la Banque centrale, qui prévoit d’atteindre l’objectif de 3 % au cours du premier trimestre 2026.

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