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Les familles seront condamnées à une amende si elles n’évaluent pas les risques de leurs employés

by Nicolas Lefèvre

Publié le 12 novembre 2025 à 04h28. Les employeurs de salariés à domicile en France ont jusqu’à vendredi pour se conformer à de nouvelles obligations en matière d’évaluation des risques professionnels, sous peine de sanctions financières potentiellement très lourdes. Cette exigence, la première en 15 ans, intervient dans un contexte de difficultés croissantes pour les familles et les retraités souhaitant employer une aide à domicile.

  • Les familles et les retraités employant un salarié à domicile doivent réaliser une évaluation actualisée des risques professionnels avant vendredi.
  • Les amendes pour non-conformité peuvent atteindre 800 000 euros.
  • Le nombre de personnes employées à domicile a diminué de 72 000 depuis 2019, en partie à cause de l’augmentation du salaire minimum.

Une nouvelle réglementation entre en vigueur, obligeant les employeurs de salariés à domicile à évaluer les risques encourus par leurs employés. Cette évaluation, qui concerne les caractéristiques du logement (escaliers, produits chimiques, animaux, installation électrique, etc.) et les tâches effectuées (ménage, repassage, cuisine, aide aux personnes âgées, etc.), doit être réalisée avant vendredi. En cas de non-respect de cette obligation, les employeurs s’exposent à des amendes pouvant aller jusqu’à 800 000 euros.

Le décret fixant ces nouvelles obligations de prévention a été approuvé il y a plus d’un an, mais son application n’était pas exigée avant la mise en ligne, en mai dernier, d’une plateforme gratuite proposée par l’Institut national de sécurité et de santé au travail (INRS). Cette plateforme, accessible à l’adresse www.prevencion10.es, permet aux employeurs de réaliser cette évaluation des risques et de générer un plan de prévention. Plus de 90 % des salariés à domicile sont des femmes.

Si l’évaluation révèle des risques, des mesures préventives doivent être mises en place pour les éliminer ou les réduire. Ces mesures doivent être documentées par écrit, datées et communiquées au salarié, conformément à la loi. Les employeurs doivent également assurer un suivi de la santé de leurs employés, avec la possibilité d’examens médicaux périodiques, volontaires et gratuits, au moins tous les trois ans.

Les enjeux financiers

Le non-respect de ces obligations peut entraîner des sanctions financières importantes, allant de 45 euros pour les infractions mineures à plus de 800 000 euros pour les cas graves. Les employeurs sont également responsables de tout accident survenu chez eux et pourraient voir leurs cotisations sociales augmenter.

Ces nouvelles exigences interviennent dans un contexte économique difficile pour de nombreux ménages, notamment les retraités. L’augmentation successive du salaire minimum interprofessionnel (SMI) – qui a progressé de 60 % depuis l’arrivée au pouvoir de Pedro Sánchez – et l’augmentation des cotisations sociales rendent l’embauche d’une aide à domicile de plus en plus coûteuse. Le nombre de personnes employées à domicile a ainsi diminué de 72 000 depuis 2019, atteignant 341 428 en octobre dernier.

Cotisations et chômage

Aujourd’hui, l’embauche d’un salarié à domicile à temps plein représente un coût considérable pour de nombreuses familles. Outre le salaire mensuel – qui s’élève au SMI à 1 184 euros – il faut ajouter les cotisations sociales à verser à la Sécurité sociale une fois le contrat enregistré. Le taux de cotisation pour les imprévus courants est de 28,30 % du salaire, réparti entre 23,60 % à la charge de l’employeur et 4,70 % à la charge du salarié. Depuis 2022, les travailleurs domestiques sont également soumis à une nouvelle réglementation incluant l’obligation de cotiser à l’assurance chômage et au Fonds de garantie des salaires (Fogasa).

Le risque du travail au « noir »

Face à ces coûts croissants, de nombreuses familles, en particulier les retraités, ont choisi de réduire les heures de travail de leurs employés ou de les rémunérer au « noir ». L’Association espagnole des services professionnels et domestiques plaide depuis des années pour des aides financières et des allégements fiscaux afin de soutenir les familles qui souhaitent employer une aide à domicile.

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