Des recherches menées à Montréal suggèrent que le cerveau des femmes atteintes d’un trouble du sommeil précurseur de la maladie de Parkinson bénéficierait d’une protection naturelle supérieure à celle des hommes. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à des traitements plus personnalisés, tenant compte des différences biologiques entre les sexes.
L’étude, menée par une équipe de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, s’est concentrée sur le trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé (TCSP), une affection où les patients agissent physiquement leurs rêves. Bien que touchant seulement 25 à 40 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, le TCSP offre une opportunité unique d’observer les mécanismes de protection cérébrale avant l’apparition des symptômes moteurs de la maladie.
« Nos résultats donnent à penser que certaines zones du cerveau des femmes atteintes du trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé sont mieux protégées que celles des hommes, probablement grâce à l’action des œstrogènes », explique Shady Rahayel, chercheur au Centre d’études avancées en médecine du sommeil de l’Hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal.
Cette protection observée chez les femmes rejoint des observations antérieures : les femmes atteintes de la maladie de Parkinson « classique » présentent généralement une progression de la maladie plus lente que les hommes. Les chercheurs estiment que cette différence pourrait être liée à l’action des œstrogènes et à des processus énergétiques spécifiques.
L’étude met en lumière l’importance cruciale de prendre en compte le sexe comme une variable biologique dans les essais cliniques. Les auteurs recommandent de séparer les participants en fonction de leur sexe lors de la répartition aléatoire des groupes de traitement. « Cela pourrait augmenter la puissance statistique des résultats et réduire le nombre de sujets nécessaires », précise le professeur Rahayel.
Par ailleurs, les mécanismes biologiques identifiés, notamment ceux liés au gène ESRRG, pourraient constituer de nouvelles cibles thérapeutiques. Des recherches précliniques ont démontré qu’une activité accrue du gène ESRRG pourrait protéger les neurones producteurs de dopamine contre la toxicité de l’alphasynucléine, une protéine qui s’accumule anormalement dans le cerveau des personnes atteintes de la maladie de Parkinson.
« Cette étude nous rapproche d’une médecine de précision où les traitements pourraient être adaptés non seulement à la maladie, mais aussi aux caractéristiques biologiques individuelles, incluant le sexe », conclut le professeur Rahayel.
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