Home MondeLes feux d’artifice au Tibet ont coûté plus de 58 milliards, les dirigeants de la société mère Arc’teryx ont démissionné | Montagnes qui explosent | NTDTV

Les feux d’artifice au Tibet ont coûté plus de 58 milliards, les dirigeants de la société mère Arc’teryx ont démissionné | Montagnes qui explosent | NTDTV

by Clara Dubois

Publié le 19 octobre 2025. La polémique suscitée par un spectacle pyrotechnique organisé par la marque de vêtements de montagne Arc’teryx dans l’Himalaya tibétain a entraîné la démission de son directeur général pour la Grande Chine et une chute significative de la valeur boursière de sa maison mère, Anta Sports.

  • Ivan She, directeur général d’Arc’teryx pour la Grande Chine, a été contraint de démissionner suite à la controverse.
  • La valeur marchande combinée d’Amer Sports et d’Anta Sports a chuté de plus de 58 milliards de yuans (environ 7,9 milliards d’euros) après l’événement.
  • Les analystes financiers ont revu à la baisse leurs prévisions pour Amer Sports en raison de l’impact potentiel sur l’image de marque d’Arc’teryx.

La démission d’Ivan She, annoncée ce vendredi 17 octobre par Amer Sports, la société mère d’Arc’teryx, intervient après une vive réaction du public chinois face à un spectacle pyrotechnique organisé le 19 septembre dernier dans l’Himalaya. Jeffery Ma, président d’Amer Greater China, assurera l’intérim, sous la direction directe de Stuart Haselden, PDG mondial d’Arc’teryx.

L’événement, qui visait à promouvoir la marque Arc’teryx, a consisté en des feux d’artifice tirés au-dessus de la crête himalayenne. Cette initiative a rapidement été critiquée sur les réseaux sociaux chinois, où les internautes l’ont qualifiée de « explosion de montagne », accusant la marque de porter atteinte à l’environnement fragile de la région.

Arc’teryx a publié le 21 septembre des excuses laconiques sur ses comptes Weibo et WeChat, sans donner suite depuis. Cette approche jugée trop froide a suscité l’indignation et a entraîné une série de conséquences négatives pour l’entreprise.

Le 9 octobre, Arc’teryx a annulé un cours international d’escalade prévu à Yangshuo, sans en préciser les raisons. Le 15 octobre, les autorités de la ville de Shigatse, au Tibet, ont annoncé l’ouverture d’une enquête sur le spectacle pyrotechnique « Thang Long », impliquant le studio d’art de Cai Guoqiang, responsable de sa conception. Plusieurs responsables locaux ont été sanctionnés, et Arc’teryx a été sommé d’assumer sa part de responsabilité dans la compensation des dommages environnementaux et la restauration écologique.

La marque a également été absente de la liste des meilleures ventes du « Double 11 », la plus grande journée de shopping en ligne en Chine, où elle occupait la dixième place l’année précédente.

La réaction des marchés financiers n’a pas tardé. Dès le début du spectacle pyrotechnique, le cours de l’action Anta Sports à la Bourse de Hong Kong a commencé à chuter. Malgré un rachat d’actions par Anta pour un montant de 199 millions de dollars de Hong Kong, la tendance baissière n’a pas été inversée. À la clôture du marché le 16 octobre, l’action Anta Sports s’échangeait à 84,7 HKD, en baisse de 12,5 % par rapport à 96,8 HKD le jour précédent, ce qui représente une perte de capitalisation boursière de 33,96 milliards de HKD (environ 4,3 milliards d’euros). Amer Sports a clôturé à 30,64 USD, soit une perte d’environ 26,93 milliards de RMB (environ 3,6 milliards d’euros).

Selon les médias financiers chinois, la perte totale de capitalisation boursière combinée d’Amer Sports et d’Anta Sports dépasse désormais les 58 milliards de yuans (environ 7,9 milliards d’euros), ce qui qualifie cet événement de « feu d’artifice le plus coûteux de l’histoire ».

Les agences de notation financière ont également réagi. Nomura Securities a abaissé sa recommandation sur Amer Sports de « acheter » à « neutre », réduisant son objectif de cours de 43,20 USD à 38,30 USD. Citibank a également revu à la baisse son objectif de cours, de 50 USD à 42 USD, en raison des risques potentiels pour l’image de marque d’Arc’teryx.

Fondée au Canada, Arc’teryx a été rachetée en 2019 par le groupe chinois Anta et sa filiale Amer Sports.

(Reportage de He Yating / Rédacteur en chef : Li Qian)

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