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Les greffes d’organes de porc pourraient un jour être supérieures aux greffes d’organes humains, selon un expert | Recherche médicale

Publié le 26 décembre 2025 à 12h00. Des chercheurs américains lancent un essai clinique inédit visant à transplanter des reins de porc génétiquement modifiés chez des patients humains, une avancée potentielle pour pallier la grave pénurie d'organes disponibles.…

Les greffes d’organes de porc pourraient un jour être supérieures aux greffes d’organes humains, selon un expert | Recherche médicale

Publié le 26 décembre 2025 à 12h00. Des chercheurs américains lancent un essai clinique inédit visant à transplanter des reins de porc génétiquement modifiés chez des patients humains, une avancée potentielle pour pallier la grave pénurie d’organes disponibles.

  • La première greffe de rein de porc dans le cadre de cet essai a déjà été réalisée, une seconde étant prévue en janvier.
  • Six patients, considérés comme ayant un faible espoir de recevoir un rein humain à temps, participeront initialement à l’étude.
  • Le Dr Robert Montgomery, chirurgien pionnier et lui-même transplanté, estime que les organes de porc pourraient un jour surpasser les reins humains grâce à la possibilité de modifications génétiques continues.

Une percée médicale majeure est en cours aux États-Unis avec le lancement d’un essai clinique révolutionnaire. Le Dr Robert Montgomery, directeur du Transplant Institute de NYU Langone, a annoncé la réalisation de la première transplantation d’un rein de porc génétiquement modifié chez un patient humain vivant. Une seconde greffe est prévue pour janvier, et six patients au total bénéficieront initialement de cet organe.

Cette approche, connue sous le nom de xénotransplantation, vise à répondre à une crise sanitaire mondiale : le manque criant d’organes pour les transplantations. Au Royaume-Uni seul, plus de 12 000 personnes sont décédées ou ont été retirées des listes d’attente au cours des dix dernières années sans avoir pu bénéficier d’une greffe, selon NHS Blood and Transplant.

Les participants à cet essai ne sont pas éligibles à une transplantation rénale humaine classique, ou figurent sur une liste d’attente mais sont considérés comme ayant une probabilité élevée de décès ou de ne pas recevoir d’organe dans les cinq prochaines années. Les reins de porc utilisés ont été modifiés à dix endroits différents pour minimiser le risque de rejet par le système immunitaire humain.

Si l’essai obtient l’approbation de la Food and Drug Administration (FDA) américaine, il sera étendu à 44 greffes supplémentaires. Le Dr Montgomery se montre optimiste quant à l’avenir de la xénotransplantation.

« La vérité est qu’il n’y aura jamais assez d’organes humains »,

Robert Montgomery, directeur du Transplant Institute de NYU Langone

Le Dr Montgomery parle avec une connaissance de cause. Non seulement il est un chirurgien de renom, reconnu comme l’une des personnes les plus influentes par le magazine Time en 2025, mais il a également lui-même bénéficié d’une transplantation cardiaque en 2018 après avoir survécu à sept arrêts cardiaques et un mois dans le coma, suite à une cardiomyopathie dilatée, une maladie cardiaque héréditaire qui a emporté son père et son frère.

Il a également été un pionnier dans le développement de nouvelles stratégies pour augmenter le nombre d’organes disponibles, comme les greffes de rein appariées en dominos, une technique qui permet d’optimiser la compatibilité entre donneurs et receveurs. Il a également été un précurseur dans l’utilisation d’organes provenant de donneurs porteurs de l’hépatite C, en traitant les receveurs avec des médicaments antiviraux.

Cependant, il souligne la nécessité d’explorer d’autres voies.

« Après avoir passé toute une carrière à essayer d’augmenter progressivement le nombre d’organes humains disponibles, j’ai réalisé que nous ne faisions pas beaucoup de progrès significatifs. Tous les progrès que nous avons réalisés ont été annulés par le nombre croissant de personnes en attente d’une greffe. »

Robert Montgomery, directeur du Transplant Institute de NYU Langone

Bien que le concept de la xénotransplantation existe depuis des décennies, les avancées récentes, notamment la possibilité de créer des porcs génétiquement modifiés, ont rendu cette approche réalisable. Le Dr Montgomery a d’ailleurs réalisé la première greffe d’organe de porc sur un humain en 2021, bien que le receveur fût en état de mort cérébrale. Cette étape a permis de démontrer que les organes de porc ne sont pas immédiatement rejetés et a fourni des données de sécurité cruciales.

Des études menées par le Dr Montgomery et son équipe, notamment sur la transplantation du thymus de porc avec le rein, suggèrent que la tolérance immunitaire pourrait être améliorée, réduisant potentiellement le besoin de médicaments anti-rejet. Les résultats de ces recherches sont prometteurs.

Bien que cet essai clinique soit le premier en son genre, des organes de porc ont déjà été transplantés chez quelques patients humains, pour la plupart dans un état critique. Certains de ces patients ont dû voir leur organe retiré, et d’autres sont décédés, mais pas nécessairement en raison de complications liées à la greffe. Le Dr Montgomery précise qu’il existe actuellement deux patients vivants qui bénéficient toujours d’un rein de porc.

Il estime que les reins et le cœur sont les organes les plus prometteurs pour la xénotransplantation, tandis que la transplantation pulmonaire est plus complexe. Quant au foie, son succès reste incertain. Le Dr Montgomery se dit même ouvert à l’idée de recevoir un cœur de porc lui-même si nécessaire.

« La prochaine fois, si je continue à être en bonne santé et en vie, j’y réfléchirai certainement. J’ai des enfants qui ont la même maladie génétique que moi et je pense certainement à eux tout le temps et je veux qu’ils aient plus d’options que mon père, mon frère ou moi. »

Robert Montgomery, directeur du Transplant Institute de NYU Langone

Un cas de transplantation cardiaque porcine ayant fait l’actualité en 2023 souligne les défis et les risques associés à cette nouvelle approche.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.