Publié le 16 décembre 2025 à 08h34 (heure de La Mecque). Les partis ultra-orthodoxes israéliens menacent de faire tomber le gouvernement de Benjamin Netanyahu si un projet de loi les exemptant du service militaire n’est pas adopté rapidement, ouvrant la voie à des élections anticipées.
- Les partis Shas (11 députés) et Judaïsme unifié de la Torah (7 députés) pourraient provoquer des élections anticipées si le projet de loi sur la conscription ne progresse pas.
- La Cour suprême a récemment rendu une décision obligeant les ultra-orthodoxes à effectuer leur service militaire, ce qui a exacerbé les tensions.
- Les membres ultra-orthodoxes de la Knesset ont menacé de soutenir la dissolution du Parlement si les discussions sur la loi ne s’accélèrent pas.
La coalition gouvernementale israélienne, qui comprend les partis ultra-orthodoxes, dispose d’une majorité fragile de 68 sièges sur 120 à la Knesset. Pour rester au pouvoir, elle a besoin d’au moins 61 voix. La menace de voir les partis religieux se retirer du gouvernement met donc en péril la stabilité de l’exécutif.
Les tensions autour de la conscription des membres de la communauté haredim (juifs ultra-orthodoxes) remontent à des années. Ces derniers, qui représentent environ 13 % de la population israélienne (soit environ 1,3 million d’habitants sur un total de 10 millions), justifient leur refus de servir dans l’armée par leur dévouement à l’étude de la Torah. Ils craignent que l’intégration dans la société laïque ne menace leur identité religieuse et la pérennité de leur mode de vie.
La décision de la Cour suprême, rendue le 25 juin 2024, a contraint les Haredim à la conscription et a interdit l’octroi d’une aide financière aux institutions religieuses dont les étudiants refusent le service militaire. Cette décision a déclenché des protestations et a relancé le débat sur l’égalité de traitement devant la loi.
Lundi soir, la Société de radiodiffusion israélienne a rapporté que les 18 députés ultra-orthodoxes de la Knesset avaient transmis une lettre au bureau de Benjamin Netanyahu, menaçant de soutenir la dissolution du Parlement si le rythme des discussions sur la loi sur la conscription n’était pas accéléré. Ils ont également averti qu’ils ne soutiendraient pas le budget et qu’ils feraient pression pour des élections anticipées.
Selon les règles parlementaires israéliennes, une proposition de dissolution de la Knesset ne peut être soumise au vote que six mois après son rejet précédent. Or, le vote précédent remonte à la semaine précédant l’attaque contre l’Iran, ce qui signifie que la possibilité d’un vote sur la dissolution est de nouveau ouverte.
Lors d’une rencontre avec des représentants du parti Judaïsme unifié de la Torah, Benjamin Netanyahu a déclaré que déclencher des élections serait une erreur. Il a toutefois affirmé que la loi sur la conscription devait être expliquée au public et qu’il ne s’attendait finalement qu’à « deux ou trois opposants » au sein de sa coalition, selon la Société de radiodiffusion israélienne.
La commission des Affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset a récemment examiné un projet de loi proposé par Boaz Bismuth, président de la commission et membre du parti Likoud dirigé par Netanyahu. Ce projet de loi prévoit un sursis annuel de conscription pour les étudiants à temps plein des instituts religieux qui n’exercent aucune autre profession. Il supprime également certaines dispositions d’une version précédente qui visaient à garantir que les étudiants religieux poursuivent leurs études. Ce projet de loi a été critiqué par certains membres de la coalition et par l’opposition, qui dénoncent des lacunes et des sanctions inefficaces.
Dispense de conscription
Depuis des décennies, les Haredim bénéficient de reports de conscription lorsqu’ils atteignent l’âge de 18 ans, sous prétexte d’étudier dans des instituts religieux. Ces reports sont renouvelés jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge d’exonération, actuellement fixé à 26 ans.
