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Les hôpitaux cherchent à gérer leurs dépenses alors que l’incertitude menace : rapport

Les hôpitaux français sont confrontés à une crise financière et opérationnelle croissante, exacerbée par la hausse des coûts, les difficultés de recrutement et l'incertitude liée aux évolutions de la politique de santé. Une nouvelle étude de Kaufman Hall…

Les hôpitaux cherchent à gérer leurs dépenses alors que l’incertitude menace : rapport

Les hôpitaux français sont confrontés à une crise financière et opérationnelle croissante, exacerbée par la hausse des coûts, les difficultés de recrutement et l’incertitude liée aux évolutions de la politique de santé. Une nouvelle étude de Kaufman Hall révèle que la majorité des établissements hospitaliers anticipent une situation difficile à court et moyen terme.

L’étude, basée sur les réponses de plus de 100 dirigeants d’hôpitaux et de systèmes de santé, met en lumière une pression financière significative. Près de 60 % des répondants ont constaté une augmentation des coûts non liés à la main-d’œuvre de 6 à 10 % au cours de l’année écoulée. Les tarifs douaniers imposés par l’administration Trump en avril dernier, qui ont encadré le prix de fournitures médicales essentielles comme les aiguilles et les cathéters, sont pointés du doigt comme un facteur aggravant.

La pénurie de personnel, déjà préoccupante avant la pandémie de coronavirus, s’est intensifiée. Les dépenses liées à la main-d’œuvre ont augmenté de 5 % jusqu’en septembre 2025 par rapport à la même période en 2024, selon Kaufman Hall. Pour attirer et fidéliser le personnel clinique, plus de 80 % des hôpitaux ont augmenté les salaires de départ et proposent des primes à la signature.

Face à cette situation, les hôpitaux multiplient les initiatives pour maîtriser leurs coûts. De nombreux établissements ont mis en place des groupes de travail dédiés à la négociation des tarifs et cherchent à externaliser les fonctions non essentielles. Par ailleurs, la capacité d’accueil des patients reste un défi majeur. L’augmentation de la population âgée, la complexité croissante des cas et les difficultés à organiser les sorties de patients entraînent des retards importants aux services des urgences, considérés par près de 80 % des répondants comme la principale contrainte de capacité.

Les problèmes liés aux refus de soins par les organismes d’assurance persistent également. Les retards dans la vérification de l’éligibilité, l’autorisation des soins et le traitement des demandes de remboursement sont régulièrement signalés. Les dirigeants hospitaliers et les médecins renforcent les procédures d’autorisation et tentent d’établir des collaborations avec les assureurs pour résoudre ces problèmes récurrents. Cependant, l’étude souligne la nécessité de changements structurels chez les assureurs, d’un meilleur plaidoyer et d’investissements accrus dans la prévention pour mettre fin aux refus abusifs.

L’incertitude quant à l’avenir pèse également sur les perspectives financières des hôpitaux. Seuls 30 % des dirigeants interrogés s’attendent à une amélioration de leurs bilans en 2026, tandis que 30 % prévoient une détérioration et 40 % anticipent peu de changements. Cette division reflète les inquiétudes liées aux récentes évolutions réglementaires dans le domaine de la santé, notamment l’expiration probable des subventions liées à l’Affordable Care Act.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.