Publié le 6 novembre 2023 21:15:00. Des observations de drones suspects se multiplient en Europe, suscitant des inquiétudes quant à de possibles activités de reconnaissance ou de déstabilisation, tandis que les capacités de détection européennes sont jugées insuffisantes.
- Des drones ont été détectés au-dessus de plusieurs pays européens, dont la Pologne, le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas.
- Un incident particulier a eu lieu mercredi soir sur la base aérienne militaire de Gilze-Rijen aux Pays-Bas.
- Des experts mettent en garde contre le risque de panique et soulignent la nécessité de renforcer les systèmes de surveillance.
L’espace aérien européen est sous haute surveillance. Ces derniers jours, une série d’observations de drones non identifiés ont été signalées dans plusieurs pays, alimentant les interrogations sur leur origine et leurs intentions. Outre la Pologne, le Danemark et la Belgique, les Pays-Bas ont également été concernés : un drone a été repéré mercredi soir au-dessus de la base aérienne militaire de Gilze-Rijen. Le contrôle aérien a immédiatement alerté la police militaire, mais l’appareil avait déjà disparu à leur arrivée.
Huib Modderkolk, journaliste au Volkskrant, estime que ces incidents révèlent la complexité de la situation.
« Cela montre immédiatement pourquoi il s’agit d’un sujet si complexe. »
Huib Modderkolk, journaliste au Volkskrant
Il a publié un article approfondi à ce sujet jeudi soir, explorant la possibilité que ces drones soient d’origine russe et visent à semer la peur et le désespoir. L’article du Volkskrant analyse les motivations potentielles derrière ces opérations.
Si ces observations sont considérées comme graves, il reste difficile d’identifier avec certitude les responsables.
« C’est extrêmement difficile à chaque fois. Il n’existe aucune preuve tangible que la Russie soit derrière cela. »
Huib Modderkolk, journaliste au Volkskrant
Cela vaut également pour le drone aperçu à Gilze-Rijen. Cependant, Modderkolk souligne qu’il est clair que quelque chose se passe. Des formations de drones militaires ont également été observées au-dessus de Munich, et un drone de grande taille a été repéré à Zaventem, en Belgique.
L’expert met en garde contre une éventuelle hystérie collective, comparable à la panique provoquée par les envois de lettres contenant de la poudre. Il explique que ces drones pourraient être utilisés à des fins de reconnaissance, pour observer les réactions des pays occidentaux, tester les systèmes de radar et localiser les avions militaires.
« Ils ne sont pas nécessairement dangereux, mais ils essaient d’observer quelque chose. C’est pourquoi ils survolent les zones militaires. »
Huib Modderkolk, journaliste au Volkskrant
Ces informations pourraient s’avérer précieuses à des fins militaires.
Outre la collecte de renseignements, un autre objectif possible serait de déstabiliser l’Europe en provoquant des perturbations, du désespoir et du chaos. Le Conseil national de sécurité s’est réuni en Belgique pour évaluer la situation. La fermeture temporaire des aéroports a été envisagée. Il est également possible que ces opérations visent à réduire le soutien occidental à l’Ukraine.
Modderkolk insiste sur la nécessité de renforcer les systèmes de détection de drones. Il rappelle que l’Ukraine a reçu une centaine de ces systèmes de la part de pays occidentaux, et suggère qu’il pourrait être judicieux de les récupérer pour renforcer la sécurité européenne.
« Vous avez besoin de systèmes radar pour détecter ces drones. Nous en avons donné une centaine à l’Ukraine. Peut-être devrions-nous les récupérer ; nous en avons nous-mêmes besoin. »
Huib Modderkolk, journaliste au Volkskrant
Il estime que la Russie a intérêt à ce que l’Europe soit vulnérable dans ce domaine, et que ces opérations pourraient être considérées comme un moyen de tester et d’exploiter les faiblesses européennes.
Selon Modderkolk, l’Europe est souvent prise au dépourvu par ces drones, car elle manque de systèmes de détection performants. Des systèmes capables de distinguer un oiseau d’un drone ont été livrés, mais ne sont pas encore pleinement opérationnels. Les drones peuvent être lancés depuis des cargos ou contrôlés à distance via un réseau mobile, tant qu’une connexion Internet est disponible.
