Home SantéUn guide sans gluten améliore la qualité de l’alimentation des enfants, mais un changement durable nécessite un soutien

Un guide sans gluten améliore la qualité de l’alimentation des enfants, mais un changement durable nécessite un soutien

by Sophie Martin

Publié le 6 novembre 2025 à 22h56. Une étude canadienne suggère qu’un guide alimentaire sans gluten peut améliorer l’alimentation des enfants nouvellement diagnostiqués avec la maladie cœliaque, mais que ces bénéfices ne sont pas durables sans un accompagnement nutritionnel continu.

  • Un guide alimentaire sans gluten, axé sur l’équilibre nutritionnel, améliore à court terme la qualité de l’alimentation des enfants atteints de la maladie cœliaque.
  • Ces améliorations, notamment une consommation accrue de produits laitiers non sucrés, tendent à s’estomper après six mois.
  • Un suivi nutritionnel régulier par un professionnel de santé est essentiel pour maintenir une alimentation saine et équilibrée à long terme.

La maladie cœliaque, une affection auto-immune chronique touchant jusqu’à 1 % de la population, exige un régime alimentaire strict sans gluten à vie. Or, de nombreux produits sans gluten disponibles dans le commerce sont souvent riches en graisses et en sucres, mais pauvres en fibres et en micronutriments essentiels, ce qui complique le maintien d’une alimentation nutritive.

L’étude, publiée dans le British Journal of Nutrition, a évalué l’efficacité d’un nouveau Guide alimentaire sans gluten (GFFG) pour aider les enfants à réduire leur consommation d’aliments ultra-transformés (UPF) et à améliorer la qualité globale de leur alimentation après un diagnostic de maladie cœliaque. Les chercheurs ont mené un essai contrôlé randomisé entre 2021 et 2023 dans deux cliniques de gastroentérologie pédiatrique au Canada, impliquant quarante enfants (âgés de 4 à 18 ans) et leurs parents.

Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe témoin recevant les soins diététiques standards, et un groupe d’intervention bénéficiant des soins standards complétés par des conseils basés sur le GFFG. Les soins standards comprenaient une formation virtuelle dispensée par une diététiste professionnelle sur l’évitement du gluten, la prévention de la contamination croisée et les principes d’une alimentation équilibrée selon le Guide alimentaire canadien de 2019.

Le groupe d’intervention a bénéficié d’une séance virtuelle supplémentaire de 45 à 60 minutes utilisant le GFFG, qui encourage une alimentation équilibrée et nutritive sans gluten. Ce guide préconise une répartition des aliments dans l’assiette avec plus de 50 % de fruits et légumes, 25 % de protéines, moins de 25 % de céréales sans gluten, ainsi que du lait enrichi non sucré ou des boissons végétales. Des recommandations personnalisées ont été fournies à chaque enfant en fonction de son régime alimentaire habituel, évalué sur trois jours.

L’évaluation de la qualité de l’alimentation s’est faite à l’aide de l’Indice canadien de la saine alimentation (HI-C), mesurant les scores totaux et d’adéquation, ainsi que par le biais du système de classification NOVA pour évaluer la consommation d’aliments transformés. Les données ont été collectées au début de l’étude, après trois mois et après six mois, en utilisant des analyses statistiques appropriées.

Les résultats ont montré que les enfants ayant bénéficié des conseils du GFFG ont présenté une amélioration significative de leur score HI-C total, d’adéquation et de variété alimentaire après trois mois, ainsi qu’une consommation accrue de lait non sucré. Cependant, ces bénéfices n’ont pas été maintenus après six mois. Le groupe témoin a montré une augmentation à court terme de la consommation d’aliments transformés (NOVA 3), contrairement au groupe d’intervention. La qualité globale de l’alimentation et la consommation d’aliments ultra-transformés n’ont pas différé significativement entre les deux groupes au fil du temps.

L’étude a également révélé que les enfants de moins de 10 ans avaient tendance à avoir une alimentation de meilleure qualité et plus variée, et respectaient plus souvent un régime sans gluten (97 % contre 73 %). L’apport en fibres et en vitamine A était plus élevé dans le groupe d’intervention, bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative. Néanmoins, la plupart des enfants ne parvenaient toujours pas à atteindre les objectifs recommandés en matière de consommation de fruits et légumes, et plus de la moitié de leur apport énergétique provenait encore d’aliments ultra-transformés.

Les chercheurs concluent que, bien qu’une seule séance de conseil basée sur le GFFG puisse améliorer à court terme la qualité de l’alimentation des enfants nouvellement diagnostiqués avec la maladie cœliaque, des améliorations durables nécessitent un accompagnement nutritionnel continu et personnalisé par un diététiste. Les futures interventions devraient prendre en compte l’abordabilité et l’accès à une alimentation saine, ainsi que les facteurs motivationnels et environnementaux pour maximiser l’impact à long terme.

Référence de l’article :

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.