Publié le 2025-10-23 01:34:00. Les utilisateurs de Spotify se plaignent d’une prolifération de morceaux générés par intelligence artificielle dans leurs playlists personnalisées, malgré les promesses de la plateforme de lutter contre ce phénomène. Cette infiltration artificielle menace de dénaturer l’expérience d’écoute et de pénaliser les artistes authentiques.
- De nombreux abonnés de Spotify dénoncent la présence massive de musique produite par IA dans leurs listes de lecture Discover Weekly.
- Spotify a annoncé des mesures pour contrer le « spam », l’usurpation d’identité et la tromperie liés à l’IA, mais n’a pas opté pour une interdiction totale du contenu généré par cette technologie.
- Les critiques soulignent que la persistance de ces morceaux d’IA est motivée par leur capacité à générer des flux d’écoute, au détriment de la qualité musicale.
La frustration monte parmi les utilisateurs de Spotify. Sur les réseaux sociaux, les témoignages se multiplient pour dénoncer la dégradation de la qualité des recommandations musicales. Un internaute a ainsi écrit :
« Discover Weekly est devenu inutilisable, saturé de déchets produits par l’IA. »
Utilisateur de X (anciennement Twitter)
Un autre s’est exprimé de manière similaire :
« Cher Spotify, veuillez cesser d’intégrer de la musique générée par IA dans mes Discover Weekly. Cordialement, tout le monde. »
Utilisateur de X (anciennement Twitter)
Le problème remonterait à plus d’un an, comme en témoigne un message publié en août dernier sur le forum communautaire de Spotify. Certains utilisateurs menacent même de quitter la plateforme si la situation ne s’améliore pas. Un utilisateur de Bluesky a déclaré :
« Six chansons sur trente dans ma playlist Discover Weekly étaient des créations d’IA cette semaine. C’est ridicule que Spotify nous impose ces absurdités. On dirait que c’est la voie que prend la plateforme. »
Utilisateur de Bluesky
En septembre, Spotify a annoncé une série de nouvelles politiques pour protéger les artistes contre le « spam, l’usurpation d’identité et la tromperie ». Ces mesures incluent un nouveau « filtre » destiné à détecter les tactiques utilisées pour manipuler le système de redevances, ainsi que l’obligation d’afficher des mentions concernant l’utilisation de l’IA dans la création musicale, conformément aux normes de l’industrie. Cependant, Spotify a choisi de ne pas imposer une interdiction totale du contenu généré par IA, arguant que cette technologie peut ouvrir de nouvelles perspectives créatives pour les artistes et permettre aux auditeurs de découvrir de nouvelles musiques.
La société a affirmé avoir supprimé plus de 75 millions de morceaux spammés au cours des 12 derniers mois, une période marquée par l’essor des outils d’IA générative. Néanmoins, des incidents ont mis en lumière les limites de cette approche. Le groupe d’IA The Velvet Sundown a ainsi accumulé des millions d’écoutes et a été présenté comme un projet d’IA. Spotify a également été critiqué pour avoir ajouté des morceaux générés par IA aux profils d’artistes décédés depuis longtemps, imitant leur style musical.
Selon Pitchfork, la réticence de Spotify à adopter une interdiction totale s’explique principalement par des considérations économiques. La plateforme génère des revenus grâce aux flux d’écoute, même si ces derniers proviennent de morceaux d’IA de qualité discutable. Pitchfork souligne que les mesures actuelles sont insuffisantes et que Spotify devrait redoubler d’efforts pour lutter contre le « spam » et garantir la transparence. L’entreprise pourrait envisager de rendre obligatoire la divulgation de l’utilisation de l’IA, à l’instar de ce que fait YouTube. En fin de compte, un exode massif des utilisateurs pourrait être le seul facteur incitatif suffisant pour pousser Spotify à agir de manière plus radicale. Un boycott de la plateforme s’est d’ailleurs étendu à Seattle.
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