Publié le 24 octobre 2024. L’investissement en Irlande reste largement l’apanage des plus aisés, selon une nouvelle étude de la Banque centrale. Les ménages irlandais affichent un taux de participation directe aux marchés financiers parmi les plus bas d’Europe, soulignant un besoin d’éducation et d’accès facilité.
- Seulement 15 % de la population irlandaise se sentent bien informés sur les produits d’investissement.
- Plus de la moitié des non-investisseurs seraient incités à placer leur argent si des conseils clairs sur la manière de commencer étaient disponibles.
- La Banque centrale recommande une réflexion sur les incitations fiscales pour encourager l’investissement chez les particuliers.
L’investissement en Irlande est avant tout une affaire de patrimoine, révèle une récente analyse de la Banque centrale irlandaise. Les ménages du pays présentent des niveaux de participation directe aux marchés financiers inférieurs à la moyenne européenne, un constat qui interroge sur l’accès et la compréhension des opportunités d’investissement.
Selon le rapport, environ 38 % des actifs financiers des ménages irlandais sont conservés sous forme de dépôts et de liquidités, au lieu d’être investis dans des actions, des obligations ou d’autres instruments financiers. Ce chiffre contraste avec la moyenne de l’Union européenne, où la proportion d’actifs placés sur les marchés de capitaux est plus élevée. Cependant, la participation indirecte des Irlandais, via des produits tels que les régimes de retraite, se situe dans la moyenne européenne.
L’étude met en évidence un profil type de l’investisseur irlandais : une personne aisée, active et ayant un niveau d’éducation supérieur. Un manque de connaissances sur les produits d’investissement constitue un frein majeur pour de nombreux citoyens. Seulement 15 % de la population se disent bien informés en la matière, ce qui explique en partie la faible participation aux marchés.
Plus de la moitié des personnes qui ne sont pas actuellement investies déclarent qu’elles seraient plus enclines à le faire si elles recevaient des conseils clairs et accessibles sur la manière de débuter. Cette demande souligne l’importance de l’éducation financière et de la simplification des produits d’investissement.
Colm Kincaid, vice-gouverneur de la Banque centrale, a souligné que ce rapport met en lumière une situation où les ménages ne tirent pas pleinement parti des services financiers disponibles pour assurer leur avenir financier.
« Un marché financier qui fonctionne correctement doit refléter et servir les besoins et les préférences de tous les consommateurs et investisseurs », a-t-il déclaré. « Cette recherche fournit un aperçu complet à l’échelle de la société de ces besoins et préférences qui peuvent éclairer les politiques publiques à un moment important, alors que nous cherchons à améliorer l’accès aux marchés de capitaux pour les investisseurs de détail. »
Colm Kincaid, vice-gouverneur de la Banque centrale
Le rapport insiste sur le fait que les services financiers ne parviennent pas à toucher l’ensemble de la population susceptible d’investir. Pour remédier à cette situation, la Banque centrale recommande au gouvernement d’étudier la possibilité d’utiliser le système fiscal pour encourager l’investissement dans des produits simples, peu coûteux et adaptés au profil de risque des investisseurs particuliers.
L’éducation financière est également identifiée comme un pilier essentiel. La Stratégie nationale d’éducation financière, récemment publiée par le gouvernement, doit continuer à mettre l’accent sur les investissements et la préparation à la retraite, selon la Banque centrale.
