Publié le 23 novembre 2025 à 16h17. L’avenir de l’usine chimique de Mossmorran, menacée de fermeture et mettant en péril des centaines d’emplois, suscite une course de propositions entre les gouvernements écossais et britannique, chacun cherchant à démontrer son engagement envers les travailleurs de Fife.
- La vice-première ministre écossaise Kate Forbes prévoit de rencontrer les dirigeants d’ExxonMobil pour discuter de la création d’un groupe de travail.
- Le secrétaire d’État pour l’Écosse, Douglas Alexander, appelle Forbes à rejoindre un groupe de travail existant dirigé par le Conseil de Fife.
- La fermeture de l’usine, prévue en février, pourrait entraîner la perte de 179 emplois directs et de 250 postes chez les sous-traitants.
Les gouvernements écossais et britannique multiplient les initiatives pour tenter de sauver l’usine chimique de Mossmorran, située dans le Fife, face à la menace de sa fermeture. La situation, qui met en péril près de 430 emplois, a déclenché une course de propositions entre Édimbourg et Londres, chacun souhaitant apparaître comme le défenseur des travailleurs locaux.
Kate Forbes, la vice-première ministre écossaise, doit rencontrer mardi les représentants d’ExxonMobil sur le site de l’usine d’éthylène. L’objectif affiché est de mettre en place un groupe de travail conjoint avec Scottish Enterprise, l’agence écossaise de développement économique. Forbes a déclaré vouloir explorer « tous les moyens possibles pour préserver les emplois sur le site et soutenir la main-d’œuvre pendant cette période d’incertitude ». Elle a insisté sur la nécessité d’examiner « toutes les options » pour aider les travailleurs confrontés à cette situation difficile.
Cependant, Douglas Alexander, le secrétaire d’État pour l’Écosse, a critiqué cette approche, estimant qu’elle manque de coordination. Il a appelé Kate Forbes à rejoindre un groupe de travail déjà existant, dirigé par le Conseil de Fife, et à participer à une réunion prévue lundi avec les chefs d’entreprise locaux. Alexander a souligné l’importance d’une approche unifiée, qu’il a qualifiée de « Team Scotland », pour soutenir les travailleurs et atténuer l’impact économique de la fermeture sur la région.
« C’est une période incroyablement difficile pour les travailleurs », a déclaré Alexander, exprimant son espoir que le gouvernement écossais participera à la réunion de lundi. Il a ajouté qu’il était essentiel de trouver des solutions locales et de mettre en place une gouvernance claire pour gérer la situation.
Le personnel de l’usine a été informé mardi matin des projets de cessation des activités, avec des discussions portant sur les mesures financières et le soutien à la reconversion professionnelle. Une possibilité est le transfert d’une cinquantaine d’employés vers le complexe pétrochimique de Fawley, situé dans le Hampshire, à environ 780 kilomètres de là.
Les sous-traitants de l’usine ont exprimé leur surprise face à l’annonce de la fermeture. L’usine de Mossmorran produit de l’éthylène depuis environ 40 ans grâce à un procédé de craquage thermique, également connu sous le nom de vapocraquage. ExxonMobil a indiqué qu’elle recherchait un acheteur depuis plusieurs mois et qu’elle procéderait au démantèlement du site une fois la production arrêtée.
Cette situation met en lumière les tensions entre les gouvernements écossais et britannique, ainsi que la difficulté de préserver les emplois industriels face aux décisions des entreprises privées. La question de la « transition juste », c’est-à-dire l’accompagnement des travailleurs vers de nouveaux emplois, sera un enjeu majeur dans les mois à venir.