Publié le 18 octobre 2025 03:53:00. Des chercheurs du Texas A&M mettent en lumière un nouveau danger lié à la pollution plastique : les nanoplastiques, une fois absorbés par la peau, pourraient transporter avec eux des substances toxiques, compromettant ainsi la santé humaine. Leur étude souligne l’importance de considérer l’environnement dans lequel ces particules évoluent avant qu’elles ne pénètrent dans l’organisme.
- Les nanoplastiques, des particules de plastique extrêmement petites, peuvent pénétrer dans l’organisme par la peau.
- Ces particules ont la capacité d’attirer et de transporter des produits chimiques et des toxines présents dans l’environnement marin.
- Les recherches actuelles visent à mieux comprendre les mécanismes d’absorption et les effets à long terme de ces particules sur la santé.
Le plastique, omniprésent dans notre quotidien, pose depuis longtemps un problème environnemental majeur en raison de sa lente décomposition. Mais au-delà de la pollution visible, une menace plus insidieuse émerge : celle des nanoplastiques. Ces particules microscopiques, issues de la fragmentation des plastiques plus importants, suscitent de vives inquiétudes quant à leur impact potentiel sur la santé humaine.
Le Dr Wei Xu, professeur agrégé au département de physiologie et de pharmacologie vétérinaire du Texas A&M College of Veterinary Medicine and Biomedical Sciences, consacre ses recherches à l’étude de ces nanoplastiques et de leurs interactions avec l’environnement marin. Son équipe s’intéresse notamment à la manière dont ces particules peuvent agir comme des vecteurs pour des substances nocives.
« Lorsque des particules sont libérées dans l’environnement, elles interagissent avec de nombreux matériaux différents qui modifient leurs surfaces, notamment des protéines, des produits chimiques et des toxines. La plupart des gens s’inquiètent de ce qui se passe lorsqu’on ingère accidentellement des nanoplastiques, mais nos travaux examinent comment ils pourraient pénétrer dans l’organisme par la peau et ce qu’ils pourraient emporter avec eux. »
Dr Wei Xu, professeur agrégé, Département de physiologie et de pharmacologie vétérinaires du Texas A&M College of Veterinary Medicine and Biomedical Sciences
Une récente publication de l’équipe du Dr Xu révèle que les nanoplastiques, une fois recouverts de substances présentes dans l’environnement, peuvent contourner les défenses naturelles de la peau au niveau cellulaire. Ils semblent ainsi capables d’échapper aux mécanismes d’élimination des déchets de la cellule, se maintenant plus longtemps à l’intérieur.
« Nous avons constaté que les particules recouvertes d’un revêtement environnemental s’accumulaient dans certaines zones à l’intérieur de la cellule et semblaient réussir à éviter son système d’élimination des déchets, qui pourrait tenter de les tuer ou de les expulser », explique le Dr Xu. « C’est comme s’ils portaient un camouflage qui leur permet de rester plus longtemps à l’intérieur de la cellule. »
Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont créé leurs propres nanoplastiques, exposés à l’eau de mer prélevée au large de Corpus Christi. Cette approche leur a permis d’analyser les revêtements environnementaux qui se forment sur les particules et d’évaluer leur capacité à pénétrer dans les cellules cutanées en culture. Ils ont ainsi pu constater que les particules recouvertes étaient plus efficaces pour échapper aux attaques du système immunitaire que les nanoplastiques simples.
Les travaux du Dr Xu soulignent la complexité de la toxicologie des nanoplastiques et la nécessité de prendre en compte l’environnement dans lequel ces particules évoluent. Il ne s’agit plus seulement d’évaluer la toxicité des nanoplastiques eux-mêmes, mais aussi celle des substances qu’ils peuvent transporter.
« Bien que les nanoplastiques eux-mêmes constituent un problème de santé, nous souhaitons également mieux comprendre ces revêtements environnementaux et ce qu’ils peuvent faire une fois à l’intérieur du corps », précise le Dr Xu.
L’étude met également en évidence la nécessité d’harmoniser les méthodes de recherche sur les nanoplastiques. Le Dr Xu souligne que les résultats peuvent varier considérablement en fonction des protocoles utilisés et que la prise en compte des revêtements environnementaux est essentielle pour obtenir des données fiables et comparables.
« J’ai demandé à des étudiants de consulter des publications sur la même particule et de trouver des résultats différents, car les autres chercheurs ne sont pas obligés de prendre en compte les revêtements environnementaux », a-t-il déclaré. « Nous avons besoin d’une meilleure cohérence sur le long terme. »
Les recherches futures devront se concentrer sur l’analyse de tous les types de revêtements environnementaux présents dans l’eau de mer et sur l’évaluation de leur impact sur la santé humaine. Il est également crucial de comprendre comment ces revêtements peuvent évoluer dans le temps et comment ils peuvent interagir avec d’autres contaminants présents dans l’environnement.
Source:
Référence du journal :
Simpson, K., et al. (2025). The environmental protein corona on nanoplastics altered cutaneous keratinocyte and fibroblast responses to particles. Journal of Hazardous Materials. doi.org/10.1016/j.jhazmat.2025.138722
