Édition française
En continu
---Advertisement---

Nouvelles

Les partisans craignent que les réductions temporaires de l’immigration ne résolvent pas les problèmes systémiques

Publié le 9 novembre 2023. Le gouvernement Carney entend réduire de manière significative l'immigration au Canada dans les prochaines années, une décision qui marque une rupture avec la politique de son prédécesseur et qui suscite des réactions contrastées,…

Les partisans craignent que les réductions temporaires de l’immigration ne résolvent pas les problèmes systémiques

Publié le 9 novembre 2023. Le gouvernement Carney entend réduire de manière significative l’immigration au Canada dans les prochaines années, une décision qui marque une rupture avec la politique de son prédécesseur et qui suscite des réactions contrastées, notamment du côté des entreprises et des établissements d’enseignement.

  • Le nombre de travailleurs étrangers temporaires (TET) devrait passer de 82 000 à 60 000 en 2026.
  • L’objectif d’admission d’étudiants internationaux est revu à la baisse, passant de 305 900 à 150 000.
  • Cette politique plus restrictive s’accompagne de critiques concernant les conditions de travail des travailleurs temporaires et l’impact sur le financement des universités.

Ottawa entend freiner l’afflux de résidents temporaires au Canada. Le premier budget du gouvernement Carney prévoit une diminution substantielle du nombre de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants internationaux admis dans le pays au cours des trois prochaines années. Cette décision reflète un changement de cap par rapport à la politique plus ouverte menée par Justin Trudeau.

Selon les nouvelles projections, le Canada accueillera 60 000 travailleurs étrangers temporaires en 2026, contre 82 000 annoncés l’année précédente. Le nombre d’étudiants internationaux devrait quant à lui chuter à 150 000, comparativement à 305 900 actuellement. Le Premier ministre Carney a justifié ces mesures en soulignant l’augmentation rapide du nombre de résidents temporaires au cours des dernières années.

Lors d’une intervention au Canadian Club de Toronto, il a précisé que, en 2018, les résidents temporaires représentaient environ 3 % de la population canadienne, contre 7,5 % à son arrivée au pouvoir.

« Il s’agit d’un changement énorme en très peu de temps, qui dépasse de loin notre capacité à accueillir les gens et à leur garantir un logement et des services de qualité. »

Carney, Premier ministre du Canada

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) permet aux employeurs de recruter des travailleurs étrangers pour des postes qu’ils ne parviennent pas à pourvoir avec des candidats canadiens. Cette politique est toutefois critiquée par certains, comme le chef conservateur Pierre Poilievre, qui souhaite son abolition complète.

« Les libéraux doivent répondre : pourquoi privent-ils nos propres jeunes du travail et les remplacent-ils par des travailleurs étrangers temporaires à faible salaire venant de pays pauvres qui, en fin de compte, sont exploités ? »

Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur

D’autres voix, comme celle de Lynn Bueckert, secrétaire et directrice commerciale du Syndicat des employés d’hôpitaux en Colombie-Britannique, soulignent l’importance des travailleurs étrangers pour maintenir le fonctionnement de certains secteurs essentiels.

« Les travailleurs étrangers occupent des postes critiques – pour soutenir le système, pas pour l’épuiser. »

Lynn Bueckert, Syndicat des employés d’hôpitaux en Colombie-Britannique

Les organisations de défense des droits de l’homme mettent également en garde contre les risques d’exploitation liés au PTET. Amnesty International Canada a publié un rapport dénonçant des conditions de travail précaires et assimilant le programme à une forme d’esclavage moderne. Marisa Berry Mendez, militante d’Amnesty International Canada, a déclaré que les réductions du nombre de TET ne s’attaquent pas aux causes profondes du problème.

« S’ils se trouvent dans une situation de maltraitance, ils se retrouvent piégés. »

Marisa Berry Mendez, Amnesty International Canada

Les coupes budgétaires pourraient également avoir des conséquences importantes pour les établissements d’enseignement supérieur, qui dépendent de plus en plus des frais de scolarité des étudiants internationaux pour financer leurs activités. Les étudiants internationaux de premier cycle paient en moyenne 41 746 $ de frais de scolarité par an, contre 7 734 $ pour les étudiants canadiens. Annabree Fairweather, directrice exécutive de la Confédération des associations de professeurs universitaires de Colombie-Britannique, craint que ces réductions n’entraînent une diminution des ressources et une détérioration de la qualité de l’enseignement.

Wasiimah Joomun, directrice générale de l’Alliance canadienne des associations étudiantes, souligne que les établissements sont déjà contraints de réduire leurs coûts en supprimant des programmes et des postes. Les universités et collèges ont déjà été affectés par les plafonds imposés par le gouvernement fédéral l’année dernière, avec des pertes financières estimées à 300 millions de dollars pour les universités de l’Ontario.

Les acteurs du milieu de l’éducation demandent une réévaluation du financement des études postsecondaires afin de compenser la perte de revenus liée à la diminution du nombre d’étudiants internationaux. Selon Fairweather, cibler les étudiants internationaux sans s’attaquer au problème du financement de l’éducation est une approche myope.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.