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Les pays de l’Union européenne ont approuvé l’accord avec le Mercosur

by Clara Dubois

Publié le 9 janvier 2026 à 11h13. Après plus de vingt-cinq ans de négociations, l’Union européenne a donné son feu vert à un accord commercial avec le Mercosur, ouvrant la voie à la création d’une zone de libre-échange d’une ampleur inédite, malgré les vives inquiétudes exprimées par les agriculteurs européens.

  • L’Union européenne a approuvé l’accord avec le Mercosur, créant la plus grande zone de libre-échange au monde.
  • Les 27 États membres de l’UE ont atteint une majorité qualifiée malgré l’opposition de la France, de la Pologne et de l’Irlande.
  • Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, se rendra au Paraguay pour signer l’accord lundi prochain.

L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay) a été validé ce vendredi par les ambassadeurs des 27 États membres, réunis à Bruxelles. Cette décision, fruit de plus de deux décennies de discussions, vise à établir une zone de libre-échange regroupant plus de 700 millions de consommateurs et à supprimer les droits de douane sur plus de 90 % des échanges commerciaux bilatéraux.

L’approbation intervient malgré les réticences persistantes de plusieurs pays, notamment la France, la Pologne et l’Irlande, qui craignent les conséquences pour leurs secteurs agricoles. L’Italie, qui s’était initialement jointe à l’opposition, a finalement modifié sa position cette semaine, soulignant les « énormes avantages » potentiels de l’accord.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devrait se rendre à Asunción, au Paraguay, lundi prochain pour officialiser la signature de l’accord avec le Mercosur. Cependant, l’entrée en vigueur du traité n’est pas immédiate. Il devra encore être approuvé par le Parlement européen dans les prochaines semaines.

L’issue de ce vote au Parlement européen est incertaine. Environ 150 députés (sur un total de 720) ont menacé de saisir la justice pour contester la validité de l’accord.

Les négociations entre l’Union européenne et le Mercosur ont débuté en 1999. L’objectif était de créer une zone de libre-échange capable de stimuler la croissance économique des deux régions. Le secteur agricole européen s’inquiète particulièrement de l’arrivée massive de produits sud-américains tels que la viande, le riz, le miel ou le soja, craignant une concurrence déloyale due à des normes de production moins strictes.

Pour tenter d’apaiser les craintes des agriculteurs et des éleveurs, la Commission européenne a mis en place une série de clauses et de concessions. En septembre, elle a annoncé des garanties pour les secteurs de la viande, de la volaille, du riz, du miel, des œufs et de l’éthanol, limitant les quotas de produits latino-américains exonérés de droits de douane et prévoyant des mesures d’intervention en cas de déstabilisation du marché.

L’exécutif européen s’est également engagé à légiférer sur les résidus de pesticides dans les importations, un point sensible pour les agriculteurs qui dénoncent une « concurrence déloyale ». Cette semaine, la Commission a annoncé l’interdiction totale de trois substances : le thiophanate-méthyle, le carbendazime et le bénomyl, notamment dans les agrumes, les mangues et les papayes.

La France a également pris des mesures unilatérales, décrétant l’arrêt temporaire de l’importation de certains produits agricoles traités avec des substances interdites dans l’Union européenne, en provenance principalement d’Amérique du Sud. Les avocats, les mangues, les goyaves, les agrumes et les pommes de terre, entre autres, ne pourront être importés s’ils contiennent cinq fongicides et herbicides interdits en Europe.

Le bloc sud-américain avait exprimé son impatience, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva appelant l’Union européenne à faire preuve de « courage » et de « volonté politique » lors du sommet de décembre dernier pour ne pas laisser passer cette opportunité.

Des policiers équipés de tracteurs bloquent une route près de la Tour Eiffel, tandis que des agriculteurs français protestent contre l'accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur
Des policiers équipés de tracteurs bloquent une route près de la Tour Eiffel, tandis que des agriculteurs français protestent contre l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (REUTERS/Gonzalo Fuentes)

(AFP)

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