Home NouvellesLes postes vacants de 36 heures par semaine ont grimpé en flèche jusqu’à « supprimer » le salaire minimum de 2 millions de dollars : est-ce légal ?

Les postes vacants de 36 heures par semaine ont grimpé en flèche jusqu’à « supprimer » le salaire minimum de 2 millions de dollars : est-ce légal ?

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2026-01-09 23:26:00. Une tendance inquiétante se dessine sur le marché du travail colombien : face à l’augmentation significative du salaire minimum, des entreprises proposent des contrats à temps partiel, à 36 heures hebdomadaires, avec des rémunérations inférieures au seuil légal, suscitant des craintes quant au respect des droits des travailleurs.

  • Une augmentation des offres d’emploi à 36 heures par semaine est observée, souvent avec des salaires inférieurs au salaire minimum légal.
  • Cette pratique vise potentiellement à compenser l’augmentation de 23,7% du salaire minimum décrétée par le gouvernement Petro.
  • Les experts juridiques rappellent qu’un salaire inférieur au minimum légal est illégal, même avec un accord mutuel.

L’augmentation du salaire minimum en Colombie, qui s’élève désormais à 1 750 905 $ (plus 249 095 $ d’aide au transport, pour un total de 2 000 000 $ par mois), a provoqué une réaction en chaîne sur le marché du travail. Des entreprises, confrontées à une augmentation de leurs coûts de main-d’œuvre, semblent recourir à des stratégies pour contourner cette mesure, au détriment des salariés.

Les plateformes d’emploi sont inondées d’offres pour des postes à 36 heures hebdomadaires, une modalité qui se répand dans divers secteurs, allant des fonctions opérationnelles (laborantins, opérateurs de machines à coudre, agents de service client) aux professions plus qualifiées (infirmiers, travailleurs sociaux, community managers, monteurs vidéo). Une simple recherche sur les portails d’emploi avec les mots-clés « journée de travail de 36 heures » révèle des centaines d’annonces publiées ces derniers jours.

Ces offres se caractérisent souvent par des salaires compris entre 1 000 000 $ et 1 432 559 $, des montants inférieurs au nouveau salaire minimum légal. Certaines annonces mettent en avant des contrats « avec tous les avantages sociaux », mais la réalité salariale reste préoccupante.

Selon Andrés García, économiste spécialisé dans le marché du travail et responsable de l’Observatoire du travail de l’Université du Rosario, le régime des 36 heures existe bel et bien dans le système colombien. Il explique que

« Il est conçu pour des régimes postés continus, avec six journées de six heures. Dans ce modèle, aucune majoration de nuit ou de dimanche n’est payée, mais les pauses payantes sont payées. »

Andrés García, économiste spécialisé dans le marché du travail et responsable de l’Observatoire du travail de l’Université du Rosario

Cependant, il insiste sur un point crucial :

« Ce qui ne peut pas arriver, c’est que la rémunération soit inférieure au salaire minimum légal en vigueur. En principe, un travailleur travaillant 36 heures devrait gagner le même salaire qu’un travailleur à temps plein. »

Andrés García, économiste spécialisé dans le marché du travail et responsable de l’Observatoire du travail de l’Université du Rosario

Sergio Sanabria Merchán, avocat au Centre juridique international, partage ce point de vue et rappelle que

« Aucun travailleur ne peut gagner moins que le salaire minimum, quel que soit le jour de travail. Si une entreprise paie moins, elle enfreint la loi et s’expose à des sanctions administratives et judiciaires. »

Sergio Sanabria Merchán, avocat au Centre juridique international

Une employée d’un centre d’appels, souhaitant rester anonyme, a témoigné des pressions exercées par son entreprise après l’augmentation du salaire minimum. Elle raconte qu’on leur a d’abord proposé de passer à un régime de 36 heures, une proposition que personne n’a acceptée, car elle impliquait une réduction de salaire en dessous du minimum légal. Face à ce refus, l’entreprise a décidé de supprimer les samedis libres des employés étudiants, en les faisant signer un contrat à 36 heures avec une réduction de salaire. Selon elle, l’objectif était de les contraindre à accepter ces conditions, sous peine de perdre leur emploi.

Il est important de noter que le coût réel d’un employé au salaire minimum, en incluant les cotisations sociales (santé, retraite, risques professionnels, etc.), peut atteindre 2 995 642 $. Pour chaque travailleur gagnant 2 millions de dollars, l’entreprise assume donc environ 995 642 $ de coûts supplémentaires. Cette réalité économique peut inciter certains employeurs à chercher des moyens de réduire leurs charges, même au prix du non-respect des droits des travailleurs.

Les entreprises qui se livrent à ces pratiques illégales s’exposent à des amendes pouvant atteindre 5 000 Smic, ainsi qu’à des enquêtes du ministère du Travail et à des plaintes individuelles. L’augmentation du salaire minimum a ouvert un débat légitime sur la durabilité des entreprises et l’emploi, mais il est clair que cet ajustement ne peut pas se faire au détriment des droits fondamentaux des travailleurs.

Pour en savoir plus sur l’impact de l’augmentation du salaire minimum sur le pouvoir d’achat, le logement et le crédit, vous pouvez consulter cet article. Et pour connaître les meilleures dates pour prolonger vos vacances en 2026, ce lien pourrait vous être utile.

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