Home SantéLes premières recherches montrent les avantages de la pause sur les réseaux sociaux – Harvard Gazette

Les premières recherches montrent les avantages de la pause sur les réseaux sociaux – Harvard Gazette

by Sophie Martin

Publié le 16 décembre 2025 à 21h10. Une semaine sans réseaux sociaux pourrait significativement améliorer la santé mentale des jeunes adultes, réduisant l’anxiété, la dépression et les troubles du sommeil, selon une nouvelle étude de Harvard.

  • Une cure de désintoxication d’une semaine sur les réseaux sociaux a été associée à une diminution de 16,1 % des symptômes d’anxiété.
  • Les symptômes de la dépression ont diminué de 24,8 % et ceux de l’insomnie de 14,5 % chez les participants à l’étude.
  • Les chercheurs soulignent la nécessité d’une approche personnalisée de l’utilisation des réseaux sociaux, reconnaissant que les réactions à une désintoxication numérique varient considérablement d’une personne à l’autre.

Les réseaux sociaux sont omniprésents dans la vie des jeunes adultes, mais leur impact sur la santé mentale est un sujet de préoccupation croissante. Une nouvelle étude menée par des chercheurs de la Harvard Medical School et du Beth Israel Deaconess Medical Center apporte des éléments intéressants sur les effets d’une pause temporaire avec ces plateformes. Publiée dans JAMA Network Open, l’étude révèle que réduire son exposition aux réseaux sociaux, même pendant une courte période, peut avoir des bénéfices notables sur le bien-être psychologique.

L’étude s’inscrit dans une démarche visant à améliorer la manière dont les chercheurs évaluent l’impact des réseaux sociaux sur la santé mentale. Jusqu’à présent, la plupart des recherches s’appuyaient sur des auto-déclarations des utilisateurs concernant leur temps d’écran et ses effets perçus. Selon John Torous, professeur agrégé à la Harvard Medical School et directeur de la division de psychiatrie numérique au Beth Israel Deaconess Medical Center, cette méthode présente des limites.

« Une grande partie des recherches effectuées sur la santé mentale repose sur l’auto-évaluation : il est demandé aux jeunes d’estimer combien d’heures ils ont passé sur différentes plateformes au cours des semaines ou des mois. Si vous me demandiez : « John, quelle a été votre durée d’écran au cours des deux dernières semaines et quelles étaient vos habitudes de sommeil ? », je ne le saurais pas. »

John Torous, professeur agrégé à la Harvard Medical School

Cette nouvelle étude se distingue par son approche méthodologique. Les chercheurs ont utilisé les données d’utilisation des téléphones des participants pour mesurer objectivement leur temps passé sur les réseaux sociaux et suivre les changements pendant une cure de désintoxication d’une semaine. Les résultats montrent qu’au cours des deux semaines précédant la cure, les participants utilisaient en moyenne les réseaux sociaux environ deux heures par jour. Pendant la semaine de désintoxication, ce temps a chuté à seulement 30 minutes, soit une réduction significative. Cependant, il est intéressant de noter que le temps d’écran total est resté relativement stable, les participants ayant simplement remplacé l’utilisation des réseaux sociaux par d’autres activités.

Les plateformes les plus difficiles à abandonner ont été identifiées comme Instagram et Snapchat. Mais l’aspect le plus surprenant de l’étude a été la diversité des réactions des participants.

« Il était plus difficile de le constater à partir des moyennes, mais les gens avaient des réactions très différentes face à la cure de désintoxication. Certaines personnes qui ressentaient un très fort sentiment de dépression se sentaient mieux. Pour certaines personnes, cela ne faisait aucune différence. Certaines personnes se sont mises à faire de l’exercice, ont fait plus de pas et ont davantage quitté leur domicile. L’hétérogénéité des réponses était frappante et cela nous a pris au dépourvu. »

John Torous, professeur agrégé à la Harvard Medical School

Cette hétérogénéité souligne la nécessité d’une approche plus nuancée et personnalisée de la gestion de l’utilisation des réseaux sociaux.

Les chercheurs prévoient de poursuivre leurs travaux en ciblant des interventions spécifiques en fonction des besoins individuels. Par exemple, si l’utilisation des réseaux sociaux est identifiée comme un facteur perturbant le sommeil, une intervention axée sur l’amélioration de l’hygiène du sommeil pourrait être proposée. L’objectif est de ne pas simplement demander aux gens d’arrêter d’utiliser les réseaux sociaux, mais de les aider à développer des habitudes plus saines et à gérer leur utilisation de manière plus consciente.

« Il ne s’agit pas seulement de dire aux gens d’arrêter d’utiliser les réseaux sociaux. Cela dit : “Le sommeil est votre faiblesse. Éduquons-nous et concentrons-nous sur un meilleur sommeil.” »

John Torous, professeur agrégé à la Harvard Medical School

Cette recherche est d’autant plus pertinente que de plus en plus de débats émergent sur la régulation de l’utilisation des téléphones portables, notamment dans les écoles. John Torous estime que les nouvelles méthodes de mesure offertes par les données téléphoniques permettent d’aller au-delà des interdictions générales et de proposer des solutions plus adaptées et personnalisées. Il espère que ces travaux susciteront l’intérêt des décideurs politiques et du public pour une nouvelle génération de recherches dans ce domaine.

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