Publié le 26 novembre 2024. La redécouverte d’une rare plante parasite, la Rafflesia hasseltii, à Sumatra, a été assombrie par une polémique sur les réseaux sociaux, mettant en lumière les questions de représentation et de colonialisme scientifique dans la recherche internationale.
- Une équipe de chercheurs indonésiens et britanniques a redécouvert la Rafflesia hasseltii, une plante rare localement surnommée « visage de champignon rimau », dans la forêt communautaire de Sumpur Kudus.
- Une publication initiale de l’Université d’Oxford sur les réseaux sociaux a omis de mentionner les chercheurs indonésiens impliqués dans la découverte, suscitant une vive réaction en ligne.
- L’incident a ravivé les débats sur la nécessité d’une collaboration plus équitable et d’une reconnaissance appropriée du travail des scientifiques locaux dans les projets de recherche internationaux.
La redécouverte de cette espèce végétale, le 19 novembre, était initialement perçue comme une nouvelle encourageante pour la conservation de la biodiversité indonésienne. L’expédition qui a mené à cette découverte était menée par Septian Andriki, écologiste basé à Bengkulu, Chris Thorogood, directeur adjoint du jardin botanique et de l’arboretum d’Oxford, et Joko Ridho Witono, botaniste de l’Agence nationale de recherche et d’innovation (BRIN). Ils étaient accompagnés par Iswandi, un garde forestier de Sumpur Kudus.
Cette expédition s’inscrivait dans le cadre de la Communauté pour la conservation et la recherche de Rafflesia (CCRR), un partenariat international réunissant biologistes, forestiers, chercheurs et acteurs locaux engagés dans l’étude des rafflesias. Le projet inclut également la participation d’Agus Susatya, botaniste de l’Université de Bengkulu, qui n’a pas participé à l’expédition du 19 novembre.
La controverse a éclaté lorsque l’Université d’Oxford a partagé sur ses réseaux sociaux des images de la redécouverte, initialement publiées par Septian Andriki et Chris Thorogood. La légende accompagnant ces images ne mentionnait aucun des chercheurs indonésiens impliqués, malgré leur présence dans la vidéo. Cette omission a rapidement été relevée par les internautes, qui ont accusé l’université de minimiser, voire d’effacer, la contribution des scientifiques locaux.
Chris Thorogood et Septian Andriki ont pris connaissance de la réaction négative quelques heures après la publication, alors qu’ils étaient en route vers Bengkulu et ne disposaient pas de connexion téléphonique. M. Thorogood a alors demandé à l’université d’ajouter le nom de Septian Andriki à la publication, ce qui a été fait par la suite.
Cet incident a ravivé les inquiétudes concernant les pratiques de « colonialisme universitaire », où les institutions occidentales tendent à marginaliser les chercheurs des pays en développement dans le processus scientifique. La question de la reconnaissance équitable des contributions locales et de la nécessité d’une collaboration plus inclusive dans la recherche internationale est ainsi remise sur le devant de la scène.
Lire aussi : La redécouverte d’une rafflesia rare renforce l’espoir de recherches supplémentaires
