Publié le 15 décembre 2023 10:32:00. Les prisons de Haute-Autriche sont confrontées à une surpopulation croissante, atteignant des taux d’occupation supérieurs à 100% dans plusieurs établissements, une situation qui inquiète quant aux conditions de détention et à la charge de travail du personnel pénitentiaire.
- En novembre, les prisons de Wels, Linz et Ried im Innkreis dépassaient les 100% de leur capacité d’accueil.
- Plusieurs facteurs expliquent cette situation, notamment les reports de peines liés à la pandémie de Covid-19 et une augmentation générale de la population carcérale.
- La ministre de la Justice, Anna Sporrer, a annoncé des mesures pour tenter d’améliorer la situation, notamment en favorisant la libération conditionnelle et l’utilisation de bracelets électroniques.
La surpopulation carcérale est particulièrement préoccupante en Haute-Autriche. En novembre dernier, l’établissement de Wels affichait un taux d’occupation de 113,3%, suivi par Linz (107,1%) et Ried im Innkreis (105,6%). Seule la prison d’Asten, un centre médico-légal dédié aux détenus souffrant de troubles mentaux, se situait légèrement en dessous de sa capacité maximale, avec un taux de 95,3%. En moyenne, les prisons de la région étaient occupées à 103,7%, selon les données du ministère de la Justice.
Plusieurs raisons expliquent cette augmentation continue du nombre de détenus. Le ministère de la Justice souligne que les peines de prison ont été reportées entre 2020 et 2022 en raison de la pandémie de Covid-19, ce qui entraîne désormais un effet de rattrapage. L’évolution démographique générale et les changements dans la jurisprudence contribuent également à cette situation.
Selon le ministère, cette surpopulation a un impact direct sur les conditions de détention. Elle représente un fardeau important pour le personnel pénitentiaire et les détenus, se traduisant notamment par des incidents et une augmentation des plaintes. En pratique, cela signifie que davantage de détenus sont hébergés dans des cellules que prévu ou que les possibilités d’emploi et d’activités sont réduites.
Face à cette situation, la ministre de la Justice, Anna Sporrer (SPÖ), a annoncé la mise en place de mesures correctives. Parmi celles-ci figurent le développement de la libération conditionnelle et l’augmentation du recours aux bracelets électroniques. Le ministère assure que, malgré la surpopulation, les exigences d’un système pénitentiaire moderne sont maintenues, grâce aux efforts du personnel.
Parallèlement, un manque de personnel est constaté dans les prisons de Haute-Autriche. Actuellement, 26 postes sont vacants, dont dix dans les domaines du travail social, de la psychologie et des soins infirmiers. Néanmoins, plus de 96% des postes sont pourvus, selon le ministère.
Des études sont actuellement en cours pour évaluer les possibilités d’extension des infrastructures pénitentiaires en Haute-Autriche.
