Les perspectives sombres pour les prix du pétrole en 2026 pèsent sur les entreprises du secteur énergétique et inquiètent les investisseurs, alors que l’offre excédentaire devrait perdurer et éroder les bénéfices.
Selon les prévisions de l’Energy Information Administration (EIA) américaine, l’industrie pétrolière est confrontée à une offre excédentaire qui devrait se maintenir jusqu’en 2026. L’agence prévoit une baisse d’environ 20 % des prix du pétrole brut d’ici la fin de l’année prochaine par rapport aux niveaux actuels.
Cette nouvelle est particulièrement préoccupante pour les investisseurs de l’ETF State Street Energy Select Sector SPDR (XLE), qui espéraient un rebond en 2026. L’ETF, fortement concentré sur les géants du pétrole, affiche une performance décevante de 7,21 % depuis le début de l’année, se classant seulement au cinquième rang parmi les 11 secteurs du S&P 500.
Le secteur de l’énergie a connu des performances irrégulières ces dernières années, se classant avant-dernier ou dernier parmi tous les secteurs à sept reprises au cours des 11 dernières années. En 2023, il a subi une perte de 1,3 %, suivie d’un gain modeste de 5,7 % en 2024.
L’EIA estime que l’excédent actuel de pétrole entraînera une baisse des prix au moins jusqu’au premier semestre 2026, affectant les actions pétrolières et les fonds négociés en bourse (ETF) exposés à l’industrie des combustibles fossiles. Le prix du Brent, référence pour les marchés européens, africains et du Moyen-Orient, a déjà chuté de plus de 16 % en 2025, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), la référence américaine, a enregistré une baisse de près de 18 % sur la même période.
Les prévisions de l’EIA indiquent une baisse supplémentaire de plus de 20 % des prix au cours de l’année prochaine, avec des stocks mondiaux de pétrole continuant d’augmenter. L’agence table sur un prix du baril de Brent à 55 dollars américains (environ 51 euros) d’ici la fin de 2026, un niveau plus bas atteint pour la dernière fois en janvier 2021. Ce chiffre représente une baisse de près de 54 % par rapport au pic de juin 2022, à 118,49 dollars américains (environ 109 euros).
Cette baisse des prix du pétrole brut, qui constitue la principale composante des prix de l’essence et du diesel, devrait entraîner une diminution des bénéfices des producteurs et, par conséquent, des gains pour les actionnaires.
L’ETF XLE, bien que techniquement un fonds sectoriel, fonctionne davantage comme un ETF thématique en raison de sa forte concentration sur un seul secteur et la prédominance de quelques titres. Il est actuellement en baisse de 0,04 % sur l’année écoulée, et les perspectives d’amélioration à court terme sont limitées.
La diversification offerte par le XLE est faible, ses trois principales positions – ExxonMobil, Chevron et ConocoPhillips – représentant à elles seules 48,1 % de l’ensemble des allocations du fonds. Au cours de la dernière année, ces trois titres ont affiché des performances contrastées : ExxonMobil a rapporté 2,73 %, tandis que Chevron a perdu plus de 5 % et ConocoPhillips près de 10 %.
Bien que d’autres positions du fonds aient enregistré de meilleures performances, leur pondération combinée de 8,14 % ne suffit pas à compenser la sous-performance des trois principaux titres.
Wall Street reste sceptique quant à un redressement du XLE. Au cours des 12 derniers mois, le nombre de vendeurs institutionnels (1 175) a presque égalé celui des acheteurs (1 342). De plus, les positions courtes représentent actuellement 12,68 % du flottant. Le dividende de l’ETF, qui rapporte actuellement 6,34 % (2,88 dollars américains par action et par an), pourrait offrir un certain réconfort aux actionnaires, mais les défis macroéconomiques auxquels sont confrontés les principaux titres du XLE pourraient inciter même les investisseurs axés sur le revenu à perdre patience.
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