Publié le 13 décembre 2023 à 18h30. Les avocats d’Harvey Weinstein tentent d’obtenir l’annulation de sa condamnation pour agression sexuelle, invoquant des pressions exercées sur les jurés lors des délibérations, mais le procureur de Manhattan rejette ces allégations comme infondées.
- Les avocats de Weinstein ont présenté des déclarations sous serment de deux jurés affirmant qu’ils ont été intimidés pour voter en faveur de la condamnation.
- Le bureau du procureur de Manhattan qualifie ces allégations d’« incohérentes et invraisemblables » et estime qu’elles ne justifient pas l’annulation du verdict.
- Le juge Curtis Farber doit rendre sa décision le 22 décembre.
La défense de l’ancien magnat du cinéma Harvey Weinstein continue de contester sa condamnation pour agression sexuelle prononcée en juin dernier. Elle s’appuie sur des témoignages de deux jurés qui affirment avoir subi des pressions et des intimidations de la part d’autres membres du jury pendant les cinq jours de délibérations. Selon ces déclarations, certains jurés auraient exercé des pressions pour obtenir un verdict de culpabilité, poussant certains à regretter leur vote.
Le bureau du procureur de Manhattan a fermement rejeté ces accusations, les qualifiant d’« incohérentes et invraisemblables ». Dans un document déposé auprès du tribunal, les procureurs Matthew Colangelo, Nicole Blumberg, Shannon Lucey et Becky Mangold affirment qu’il n’existe aucune base légale pour annuler la condamnation. Ils soulignent qu’un juré qui prétendait avoir été témoin de « menaces » et d’« intimidations » avait initialement décrit ces incidents comme de simples « chamailleries d’école », et qu’il avait déclaré aux journalistes immédiatement après le procès qu’il ne s’agissait pas d’une situation de conflit majeur.
Les procureurs citent également une règle juridique séculaire qui vise à protéger l’intégrité des verdicts et à empêcher le harcèlement des jurés par des parties cherchant à contester les décisions de justice. Ils estiment que la demande de Weinstein ne satisfait ni aux exigences légales ni aux faits nécessaires pour annuler le verdict.
Juda Engelmayer, le porte-parole de Weinstein, a réagi en affirmant que le bureau du procureur de Manhattan « élude le problème central soulevé dans la motion de M. Weinstein : plusieurs jurés ont déclaré avoir été soumis à des pressions, intimidés et même attaqués verbalement pour modifier leur vote ». Il insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de remettre en question le processus de délibération en lui-même, mais plutôt de l’intégrité du processus judiciaire.
Weinstein, âgé de 73 ans, risque jusqu’à 25 ans de prison pour l’agression sexuelle au premier degré dont il a été reconnu coupable. Il a été acquitté d’une deuxième accusation impliquant une autre femme, Miriam Haley. Le juge avait déclaré le procès nul sur cette dernière accusation après que le chef du jury ait refusé de poursuivre les délibérations.
Ce procès faisait suite à une première condamnation en 2020, un moment clé du mouvement #MeToo, qui avait ensuite été annulée en appel l’année dernière. Les avocats de Weinstein se battent également pour éviter un nouveau procès sur l’accusation dont le verdict est resté indécis.
Weinstein continue de nier toutes les accusations portées contre lui. Il est déjà incarcéré depuis sa première condamnation en 2020 et a également été condamné dans une affaire en Californie, une condamnation qu’il est en train de faire appel.
Certains des témoignages des jurés font écho à des tensions qui étaient déjà apparues au grand jour pendant les délibérations. Un juré avait demandé à être dispensé, affirmant qu’un autre était traité injustement. Le contremaître avait également rapporté des pressions dans la salle des jurés et avait déclaré qu’un juré avait menacé de le « voir dehors ».
Le juge Curtis Farber doit rendre sa décision sur la demande d’annulation de la condamnation le 22 décembre.
