Home MondeLes rebelles colombiens doivent s’unir pour combattre les États-Unis, déclare le chef de la guérilla | Nouvelles du monde

Les rebelles colombiens doivent s’unir pour combattre les États-Unis, déclare le chef de la guérilla | Nouvelles du monde

by Clara Dubois

Un chef de l’une des principales factions dissidentes des anciennes Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a lancé un appel à l’union des groupes rebelles face à une possible intervention militaire américaine dans la région. Cette initiative intervient après des déclarations controversées de l’ancien président américain Donald Trump concernant la Colombie et son président.

Nestor Gregorio Lozada, connu sous le nom de « Ivan Mordisco », a diffusé un message vidéo exhortant les différents groupes armés à s’unir pour contrer toute action américaine. Son appel fait suite aux propos de Donald Trump, qui a estimé qu’une opération militaire en Colombie « me semblerait bien » lorsqu’il a été interrogé sur la possibilité d’une intervention. M. Trump a également qualifié le président colombien Gustavo Petro d’« homme malade qui aime fabriquer de la cocaïne et la vendre aux États-Unis ».

Ces déclarations ont suscité des inquiétudes, notamment après une intervention américaine récente au Venezuela, où le président Nicolas Maduro est sous pression. Cependant, la situation en Colombie est différente : l’armée colombienne entretient des liens étroits avec les États-Unis, contrairement à son homologue vénézuélien.

Dominique van Heerde, producteur étranger senior pour Sky News, a souligné l’importance de cette coopération : « L’armée américaine entretient des relations de travail solides et bien établies avec l’armée colombienne ; il s’agit d’un partenariat qui s’est renforcé ces dernières années, malgré les divergences politiques entre les administrations actuelles. » Il a ajouté que les relations avec l’armée vénézuélienne sont quasi inexistantes, en particulier ces dernières années.

La Colombie est confrontée à une lutte difficile contre la production de cocaïne, et l’armée déploie des efforts considérables pour y parvenir. À l’inverse, l’armée vénézuélienne a été accusée de faciliter le trafic de drogue à travers le pays, sans montrer de volonté de s’attaquer au problème.

Le conflit armé en Colombie a fait plus de 450 000 morts depuis plus de 50 ans. Un accord de paix entre le gouvernement colombien et les FARC a été signé en 2016, après avoir été remanié à plusieurs reprises suite à son rejet initial lors d’un référendum. Malgré cet accord, des combats sporadiques persistent dans certaines zones rurales entre l’armée et des groupes dissidents qui n’adhèrent pas au processus de paix.

Gustavo Petro, l’actuel président colombien, est un ancien combattant rebelle et le premier chef d’État de gauche du pays. Il a été élu en 2022 sur la promesse d’une « paix totale » et de mettre fin au conflit qui a ravagé le pays. Carlos Ruiz Massieu, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU et chef de la mission de vérification de l’ONU en Colombie, a exprimé son inquiétude face à la recrudescence de la violence et à l’arrivée de nouveaux acteurs armés qui profitent du manque de présence de l’État pour contrôler les économies illicites.

Selon les analystes, ce sont ces groupes armés, et non l’armée colombienne, qui seraient les cibles potentielles d’une éventuelle intervention américaine.

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